Clermont-Ferrand à l’heure espagnole

Article publié le 15 novembre 2009
Article publié le 15 novembre 2009
Par Théo Faugère Jusqu’au 27 Novembre, les clermontois pourront découvrir au CRDP un épisode méconnu de leur histoire. Dans le cadre de l’exposition La Retirada (la retraite), Noemi Riudor et Ignasi Ros présentent leur travail sur l’exil du Pallars, qui a amené à Clermont-Ferrand une centaine de réfugiés espagnols fuyant la guerre civile (1936 - 1939).

En 1938, des milliers de républicains, soldats et civils, transitent par cette région de Catalogne, le Pallars, pour rejoindre la France. Nombre d’entre eux seront accueillis dans les « camps du mépris » du Sud-Est, comme à Collioure ou Argelès. Cent treize continueront leur route jusqu’à Clermont-Ferrand, et c’est à la caserne Gribeauval, aujourd’hui Université Blaise Pascal, qu’ils trouveront refuge. Désaffectée à la fin de la Première Guerre mondiale, c’est en 1937 qu’elle ouvre de nouveau ses portes sous le nom de « Centre d’hébergement des réfugiés espagnols ».

Au travers de textes, de photos et de témoignages d’anciens réfugiés, l’exposition reconstitue cet épisode douloureux pour ces espagnols qui laissèrent derrière eux leur liberté. Elle retranscrit également la manière dont s’est organisée la vie dans la caserne et dans la ville. Les photos recueillies par Ignacio Ros et Noemi Riudor montrent les réfugiés dans les rues clermontoises, ces mêmes rues que nous empruntons aujourd’hui. Devant cette exposition, nous prenons conscience de l’importance de cet événement, comme si nous avions nous-mêmes rencontré, aidé ces réfugiés. Nous prenons simplement conscience que cet épisode est constitutif de notre histoire en tant que citoyen.

A voir également au CRDP l’exposition de photographies de Manuel Moros sur les camps d’accueil de réfugiés dans le Sud-Est de la France, ainsi que les photos d’Augusti Centelles, « Assassinat d’une démocratie ».