Cinéma : robots, zombies et obsédés en vacances à Sitges

Article publié le 13 juillet 2011
Article publié le 13 juillet 2011
Plages et cinéma fantastique à l’horizon. Sitges rend chaque année hommage à un film culte, et nous les freaks, enfin, les amateurs du genre, on se demandait qui serait le fil rouge de l’édition 2011. Pour les 30 ans de la sortie d’Evil Dead, on s’attendait à des tronçonneuses et à des arbres violeurs, mais le roi du festival, ce sera I.A., de Spielberg.
Des androïdes jumeaux japonais au nouveau Eva, bienvenue au festival des boulons intelligents.

On connaît désormais les premiers films programmés à Sitges, ce qui nous donne une petite idée de ce à quoi l’évènement de dix jours ressemblera. Pour mémoire, Sitges a déjà présenté des œuvres de réalisateurs aussi importants qu’Alejandro Jodorowsky, Quentin Tarantino, David Cronenberg ou David Lynch.

Horreur et flegme anglais

Affiche officiel du festival de Sitges 2011.Ces dernières années, des films comme Shaun of the dead (2004) ou Hot Fuzz (2007) ont entraîné outre-Manche une avalanche de films mêlant trash et fantastique, qui a contaminé le reste du cinéma mondial. Dans ce genre qui combine horreur, suspense et comédie noire, on trouve Burke and Hare (2011), qui sera projeté durant le festival. Avec Simon Pegg, un habitué du genre, et réalisé par le mythique John Landis (Le Loup-garou de Londres, 1981), Burk and Hare raconte l’histoire de deux pilleurs de tombes au 19ème siècle, qui se lancent dans la vente de cadavres à la fac de médecine. Que faut-il en penser ? John Landis et Simon Pegg, ça n’est pas rien. Toutefois, l’accueil européen semble mitigé. L’IMDb l’évalue à 6,1.

Les producteurs de Shaun of the dead présentent également Attack the Block (2011). Ce film se place plutôt sur le terrain d’une série comme Misfits (2010), qui amène la science-fiction dans les couches populaires des banlieues britanniques. Dans Attack the Block, un groupe d’enfants et d’adolescents du sud londonien devront protéger leur quartier d’une invasion d'Aliens. La réponse britannique à Super 8 (2011). Que faut-il en penser ? Tout indique que le film sera surprenant et enchanteur, à l’esprit eighties et avec une bonne dose d’humour anglais. Sur IMDb, les utilisateurs le consacrent avec 7,4.

Jaume Balagueró et Luis Tosar

Jaume Balagueró est un des réalisateurs fétiche de Sitges. Quand la sortie de son nouveau film, Sleep Tight (2011), a été annoncée pour le mois d’octobre, beaucoup avaient misé sur le fait qu’il ouvrirait le festival. L’honneur a finalement été réservé à Eva, mais le film de Balagueró reste l’une des productions les plus attendues du festival.

Intelligence Artificielle sera le fil rouge de l'évènement.

Luis Tosar y campe un concierge voyeur qui profite de la nuit pour s’introduire dans les maisons de ses voisins pour les épier. L’histoire prend une tournure violente avec l’arrivée de Clara (Marta Etura). Que faut-il en penser? Balagueró semble s’éloigner momentanément du fantastique pour se saisir d’une histoire d’horreur plus humaine. Balagueró, Tosar, Etura : forcément intéressant, même si le dernier travail du réalisateur, le court-métrage Miedo, nous avait laissés assez froids.

Who you gonna call? Ghostbusters!

Autres films confirmés : Grave Encounters (2011) et Emergo (2011). Le premier, un faux documentaire canadien, raconte l’histoire d’une équipe de chasseurs de fantômes qui s’introduit dans un hôpital psychiatrique réputé, que tous disent hanté. Comme tout bon faux documentaire, le film commence comme s’il s’agissait d’un reportage de Cuarto Milenio, avant de tourner court, comme la bande annonce le laisse présager. Que faut-il en penser ? Les effets spéciaux sont cocasses, les spectateurs débattront longtemps pour savoir s’il faut en rire ou en claquer des dents. Toujours est-il qu’en Italie, le film a rencontré un franc succès commercial. IMDb lui attribue un 5,8.

Emergo (2011) a meilleure allure. On ne connaît pour l’instant que son synopsis, mais avec les noms qui l’entourent, on peut s’attendre à la surprise du festival. Réalisé par Carles Torrens, sur un scénario de Rodrigo Cortés (réalisateur du film à succès, Buried ), le film évoque un groupe de parapsychologues qui, grâce à la technologie, rentre en contact avec esprits et fantômes, déchaînant, pour ce que l’on en sait, la plus grande folie de l’au-delà. Que faut-il en penser ? Un thème rebattu, mais Torrens est un réalisateur prometteur, et Rodrigo Cortés a déjà prouvé sa valeur avec The Contestant(20o7)et Buried. Le film affole déjà Twitter.

Révolution cubaine et zombies

Jusqu’à comparer la colonisation espagnole de 1492 avec une invasion de zombies. La cerise sur le gâteau.

Une des pièces les plus aguichantes du festival est une coproduction hispano-cubaine, Juan of the Dead (2011). Un film de zombies se déroulant à La Havane, qui ironise sur la politique cubaine, allant jusqu’à comparer la colonisation espagnole de 1492 avec une invasion de zombies. La cerise sur le gâteau. Que faut-il en penser ? Le trailer dévoile un film à petit budget, décapant et au mauvais esprit réjouissant. Espérons que la longueur du film n’ait pas raison de sa fraîcheur.

Le panorama est loin d’être complet, mais l’amateur du genre y trouvera son compte. Il ne faudra pas perdre de vue d’autres titres comme The Turin Horse, de Béla Tarr, le documentaire La Mujer del Eternautad’Adán Aliaga ou encore le film d’animation de Michel Ocelot, Les Contes de la nuit. De nombreux autres œuvres sont à confirmer. Parmi elles, le nouveau film de Juan Carlos Fresnadillo, Intruders : Daniel Brühl, Clive Owen, une fillette et des fantômes. Que demander de plus ?

Photos : Une (cc) fedemate/flickr; texte : page officielle du festival de Sitges, page officielle Facebook du festival; video/youtube