Cinéma : de Jolie mélos hollywoodiens inspirés par la guerre de Bosnie

Article publié le 20 octobre 2011
Article publié le 20 octobre 2011
Seize ans après la fin des conflits, la Bosnie est en train de devenir une « terre promise » pour les réalisateurs hollywoodiens et européens qui cherchent désespérément une histoire de guerre à la fois vraie et susceptible de bien se vendre. La tragédie bosnienne serait-elle devenue un bon filon ?

Le 8 septembre, Penelope Cruz, l’actrice espagnole récompensée par un Oscar, est apparue pour un tournage à l’aéroport international de Sarajevo. Le nouveau film du réalisateur italien Sergio Casellitto, Venuto al Mondo (Venu au monde, 2012) s’inspire du bestseller de Margaret Mazzantini (son épouse). C’est l’histoire d’une réfugiée qui ramène son fils de 16 ans à Sarajevo, où le père est mort pendant la guerre de 1992-95.

Nouvelle tendance ? Produire des mélos sur la récente guerre de Bosnie ?

Les films de guerre, à mon avis en tout cas, s’inspiraient des guerres actuelles, comme Behind Enemy Lines (En Territoire ennemi, 2001) ou du terrorisme, comme The Peacemaker (Le Pacificateur, 1997). Aujourd’hui, 16 ans après la fin de la guerre dans les Balkans, ce genre d’histoires a évolué : expliquer les relations humaines et l’impact de la guerre sur la vie des gens ordinaires. Cette mode des films sur la guerre en Bosnie est arrivée à Hollywood grâce à l’actrice Angelina Jolie, qui est apparue en Bosnie en 2010 en tant qu’ambassadrice de bonne volonté pour l’organe des Nations Unies qui s’occupe des réfugiés. Elle a déclaré que l’idée du film In The Land Of Blood And Honey, une histoire d’amour entre un Serbe chrétien (Goran Kostic) et une Bosnienne musulmane (Zana Marjanovic) pendant la guerre, lui était venue pendant une convalescence grippale dans sa maison du sud de la France. Après des débuts difficiles, s’attirant les foudres de victimes de viols pendant la guerre de Bosnie (les autorités bosniennes en sont venues une fois à annuler un permis de filmer), son travail lui a valu un « prix honoraire du cœur de Sarajevo ». C’était presque touchant de voir Angelina Jolie au bord des larmes au moment où le public s’est levé pour l’acclamer. « Dans la voiture, j’ai dit à Brad que j’avais peur de me mettre à pleurer », a-t-elle déclaré.

Parler du passé n’est pas une mauvaise chose. C’est très important pour les Bosniens de parler de ce qui s’est passé pendant la guerre, et même après. Si on se détourne du passé, on ne peut pas espérer guérir. L’art, en particulier le cinéma, peut être d’une grande aide. Mais on peut être sceptique par rapport aux films hollywoodiens. Leurs histoires ne sont faites que pour plaire à un large public et générer de l’argent. Nos réalisateurs pourraient et devraient fournir un meilleur travail et créer des films plus introspectifs. Plus francs.

In The Land Of Blood And Honey sort le 23 décembre 2011 aux USA

Photo: Une © courtoisie de kinogalerie/ movienewz.com