Christophe Mazurier : compte à rebours pour Hollande avant la conférence Paris Climat 2015

Article publié le 23 février 2015
Article publié le 23 février 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Pendant sa longue carrière dans la finance européenne, le banquier français Christophe Mazurier a toujours surveillé de près les affaires internationales. Depuis quelques années, Mazurier s’est investi dans la lutte contre le changement climatique après avoir constaté ses effets dévastateurs dans son pays adoptif les Bahamas.

Depuis, Mazurier n’a cessé de sensibiliser les hommes d’affaires et les politiciens du monde développé sur les effets mondiaux délétères du réchauffement climatique.

 La lutte pour la sensibilisation s’est focalisée récemment dans son pays natal, la France, où  la conférence des Nations Unies "Paris Climat 2015" se tiendra à Paris au mois de décembre. L’ONU doit revoir le Protocole de Kyoto et tenter de parvenir à un accord global qui déterminera la législation mondiale sur le climat pour les 30 prochaines années, aussi l’événement pourrait représenter un grand tournant dans l’histoire de la durabilité globale. Et, selon Mazurier, le président François Hollande réussit dans la lutte climatique là où il a souvent échoué en tant que chef de l’État.

L’Hexagone a longtemps été une entité à tendance libérale à propos du changement  climatique, il en a pris conscience tôt et à plusieurs reprises et a travaillé à son atténuation dans le monde. En 2014, la France a adopté le projet de loi sur la transition énergétique qui  va amorcer le long retrait de l’énergie nucléaire et une réduction des gaz de serre les dix prochaines années.

Ensuite, la France a promis 1 milliard de dollars au Fonds Vert pour le climat , qui sert à collecter des fonds des gouvernements des pays développés et des grandes entreprises afin d’aider les pays pauvres à réduire leurs émissions, à développer des alternatives durables et à se sortir des effets  du réchauffement déjà existants. Leur promesse de don, bien qu’inférieure à celles des États-Unis ou de la Chine, a déclenché une vague de contributions de différents pays comme le Pérou ou l’Autriche. Hollande s’est rendu à New York, pour la Climate Week des Nations-Unies en septembre, et a prononcé un discours sur la « rupture» économique et sociale causée par le changement climatique.

À ce jour, Mazurier a constaté que Hollande ne perd pas de temps  pour avancer et ceci dans l’objectif de la conférence de Paris en décembre. Lors du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, Hollande est devenu le premier président français socialiste à prendre part à la procédure, et il l’a fait avec une seule cause à l’esprit. Il a exhorté l’élite du monde de la finance à une alliance politico-économique pour aider à ralentir le changement climatique et à le maintenir sous le seuil de 2 degrés Celsius. Il a à nouveau évoqué le spectre du Fonds vert pour le climat qui a récemment dépassé les 10 milliards de dollars, mais le but est d’atteindre 100 milliards en 2020, et Hollande a déclaré que cela serait impossible sans l’aide du secteur privé.

Le déplacement à Davos fait partie du souhait du président Hollande de mener la charge dans l’un des aspects les plus contestés du changement climatique : la finance climatique. De nombreux pays développés sont réticents à l’idée de se servir dans leurs coffres pour aider d’autres pays dans le monde, et Hollande s’est engagé à travailler au-delà des frontières pour développer des alternatives et innover pour financer les programmes de réduction des émissions et pour des efforts durables.

La finance climatique sera un sujet chaud fin février, quand Hollande se rendra aux Philippines, dévastées récemment par un typhon. Hollande se rendra à Visayas, l’une des régions les plus durement touchées. (Les Philippines ont été classées numéro 1 des pays les plus touchés par le changement climatique en 2013.) Cette visite sera aussi l’occasion pour deux pays qui sont leaders du changement climatique et influenceurs régionaux de se réunir pour parler de stratégie avant la conférence de Paris. Le président Hollande et son homologue philippin Benigno Aquino III désirent que légalement l’accord climatique soit exhaustif et à toute épreuve, cependant Mazurier déclare que Hollande, en tant que président d’un pays développé, devra marcher sur une corde raide entre les intérêts de la politique européenne et de son l’économie, et les Philippines et la région environnante moins développées  et plus nécessiteuses.

Mazurier est satisfait de la proactivité et de la perspicacité de Hollande dans le domaine du changement climatique. Alors que leurs opinions divergent encore dans le domaine de l’économie française, les deux hommes peuvent s’accorder sur le fait que le changement climatique est un problème global vital, et que c’est une noble cause qui peut permettre à la France de récupérer sa place de leader mondial.