Christa Theret, actrice en herbe

Article publié le 28 février 2013
Article publié le 28 février 2013
A 21 ans, Christa Théret a consumé les rôles comme on craque une allumette. Par deux fois nominées pour le César du meilleur espoir féminin, la jeune actrice française a déjà campé une dizaine de personnages au cinéma. Et si beaucoup à son âge se sont brulés les ailes, Christa gère avec maturité son statut de « Shooting Stars ». Interview

Jean noir, pull noir, chaussures noires, moue boudeuse, Christa Theret détonne dans ce parterre de jeunes acteurs et actrices venues honorer leur sélection parmi les « Shooting Stars » lors de cette Berlinale. De « star », Christa ne veut résolument pas s’en donner l’allure. Pourtant, malgré ses 21 ans, sa biographie parle déjà pour elle. Elle est celle qui joue la fille de Sophie Marceau dans LOL, une comédie qui se veut générationnelle, comme La Boum l’a été en son temps. Le visage de Christa Théret est devenu en peu de temps le symbole de cette France « qui parle en SMS, travaille par MSN, se réconcilie en mail et se rencontre en MMS » comme l’a dépeint la rappeuse Diam’s. Un rôle qui lui vaudra une nomination pour le César du meilleur espoir féminin en 2010. Une nomination qu’elle retrouvera deux ans plus tard pour son interprétation dans La Brindille. Sophie Marceau donc mais aussi Gérard Depardieu (dans L’homme qui rit), Jean Dujardin (dans Le Bruit des glaçons) ou encore Michel Bouquet (dans Renoir), nombreux sont les grands noms que la toute jeune actrice a côtoyés au cours de sa jeune carrière. Malgré son mal de tête – et donc heureuse d’annoncer devant son agente que « Non, ça va aller, Monsieur parle français » - dans le capharnaüm de l’Hôtel de Rome, elle se révèle pleine de maturité et de distance par rapport à son succès précoce.

cafebabel.com : Christa, vous étiez déjà venue à Berlin pour présenter le film LOL. Vous voici de nouveau ici en tant que « Shooting Stars ». Qu’est-ce qui vous attire à Berlin ?

Christa Theret : J’adore Berlin, j’y reviens très régulièrement, plusieurs fois par an. C’est beaucoup plus simple, plus ouvert, plus relax que Paris. C’est moins snob, ici. L’architecture me fascine. Vivre ici ? Peut-être, mais il faut pas voir trop gros. Si j’arrive à développer mes projets en France, ce sera déjà bien.

cafebabel.com : Sous le feu des projecteurs aussi jeune, est-ce que ça vous fait peur ?

Au début, j’avais une relation très naïve au métier

Christa Theret : Je suis consciente que c’est un métier où il n’y a pas trop de sécurité. Ce n’est pas parce que je fais des films qui marchent bien que je serai encore en place dans dix ans. Donc j’essaye de prendre de la distance et d’en profiter un maximum. Ne pas péter un câble quand je n’ai pas été prise par un réalisateur pour un film. Parce qu’il n’y a pas que le cinéma dans la vie. C’est un métier qui a tué, qui a blessé des gens. Le cinéma est un milieu très privilégié. Tout ce qu’il y a autour, les salaires, la reconnaissance, est évidemment très prestigieux. On a des conditions de travail qui sont évidemment extrêmement gratifiantes et les acteurs aiment être flattés.

cafebabel.com : Est-ce que votre approche a eu le temps d’évoluer au cours de votre relativement courte carrière ?

Christa Theret : Au début, en tant qu’ado, j’avais une relation très naïve au métier. On est venu me chercher, donc ça allait. Je me suis dit, si ça marche pas, tant pis. Aujourd’hui évidemment, c’est un peu différent. On se met un peu plus la pression, on veut plaire à nous-mêmes, à notre entourage, au public. Je suis donc plus stressée vis-à-vis de ma carrière.

cafebabel.com : Avec quels acteurs, actrices ou réalisateurs aimeriez-vous travaillez ?

Christa Theret : J’aime bien Joaquin Phoenix, je suis fasciné par ses prestations. Et, du côté français, également Isabelle Huppert. Et j’adore les films de Michael Haneke.

cafebabel.com : La coopération pour un film avec Claude Lelouch n’a pas pu voir le jour, quand vous revoit-on sur les écrans ?

Christa Theret : J’ai trois projets qui sont en cours de financement en ce moment. Mais je suis un peu superstitieuse, je préfère ne pas encore en parler.

cafebabel.com : Quels sont les projets qui vous intéresseraient ?

Christa Theret : J’ai envie de faire des choses variées. Ça me plairait de rendre hommage à une personne. Je trouve ça beau de faire connaître une personne qui le méritait, ou une cause, comme par exemple la condition des esclaves dans DjangoUnchained. J’aimerais bien faire du cinéma assez engagé.

Photos : Une © Page Facebook officielle de Christa Théret texte : ©Katarzyna Swierc Vidéo : (cc) TheTiiffanyOfficiel/YouTube