Chinese Man : le sermon sur la montagne

Article publié le 10 juillet 2014
Article publié le 10 juillet 2014

Le groupe mar­seillais vient de fêter les 10 ans de son label, Chi­nese Man Re­cords. Pro­pul­sé par une pub Mer­cedes qui a re­pris un de leur mor­ceau, le trio de DJ’s gère dé­sor­mais tout un col­lec­tif en res­pec­tant « un es­prit zen ». Mais en ra­con­tant sou­vent n’im­porte quoi. In­ter­view sa­mou­raï aux So­li­days.

cafébabel : Vous avez souvent répété que vous ne vouliez pas être célèbres. En jouant sur la grande scène du festival et après 10 ans d’activité, force est de constater que vous l’êtes…

Chinese Man : Mouais…On l’est sans vraiment l’être. Le truc c’est qu’on n’a pas un rapport biaisé avec le succès, contrairement à ce que l’on voit dans certains milieux. Les bons retours que l’on a reposent sur l’image du groupe, son identité graphique, et tout l’imaginaire que l’on a créé. On a pris du temps pour développer cet univers et aujourd’hui, ça nous protège.

« Soyez zen, mangez des nems »

cafébabel : Justement, cet univers c’est surtout beaucoup de conneries…

Chinese Man : C’est sûr que quand on dit « soyez zen, mangez des nems », il ne faut pas le prendre au premier degré. Mais la vérité, c’est qu’on n’aime pas se raconter. On n’a rien de très intéressant à dire, alors on préfère inventer des trucs. Et puis, quand tu regardes les bios d’artistes, elles sont souvent très chiantes. Du coup, on préfère raconter des histoires : un chef de favela brésilien, un moine bouddhiste, un gangster polonais…Voilà. Quoi que, High-Ku (un des membres, le fameux gangster polonais, ndlr) a vraiment une grand-mère polonaise. Il y a donc du vrai dans les conneries qu’on dit.

cafébabel : Sinon, sans déconner, vous trouvez pas qu’aujourd’hui il y a une émulation autour des DJ ou collectifs de hip-hop et d’électro ? 

Chinese Man : Si, mais on ne sait pas pourquoi. En France, des groupes comme Le Peuple de l’Herbe ou Birdy Nam Nam ont déjà eu beaucoup de succès mais c’est vrai que l'on voit de plus en plus d’artistes rentrer dans la lumière. C’est cool. Peut-être que l’explication vient du live. Comme les DJ’s n’ont jamais eu le côté suffisant des rappeurs, beaucoup avait du mal à se mettre en avant derrière leur platine. Désormais, ces mêmes artistes ont énormément bossé sur leurs prestations, comme C2C par exemple. Et comme on constate de plus en plus que la musique repose sur le live, le succès sourit à ceux qui font un gros travail dessus.

À écouter : The Groove Sessions, Vol.3 (2014)