Charlie Hebdo: un bref historique

Article publié le 10 janvier 2015
Article publié le 10 janvier 2015

Voici un bref historique de Charlie Hebdo, l'hebdomadaire français qui a été victime d'un attentat à Paris le mercredi 7 janvier.

Les éditeurs, dessinateurs et écrivains de Charlie Hebdo qui ont été sauvagement assassinés à Paris mercredi matin ont une longue histoire de collaboration derrière eux. Elle remonte à 1960, lorsque les dessinateurs Cabu et Georges Wolinski ont rejoint le nouveau magazine mensuel Hara-Kiri. En 1969, le mensuel devint hebdomadaire. Mais Hara-Kiri Hebdo fut rapidement interdit par le gouvernement français lorsqu'il publia le titre sarcastique « Bal tragique à Colombey, un mort » après le décès de Charles-de-Gaulle.

Charlie Hebdo fut rapidement formé et publia jusqu'en décembre 1981. En 1992, l'Hebdo ressuscita. Le Front national et l'extrême droite étaient souvent les cibles du magazine, qui a été à plusieurs reprises poursuivi en justice pour diffamation par le Front.

En 2006, Charlie Hebdo attira à nouveau l'attention avec la réédition des caricatures du prophète Mahomet précédemment interdites lors de leurs parutions initiales au Danemark.

L'irrévérencieux Charlie Hebdo est caractérisé par ses dessins lourds de sous-entendus qui apparaissent chaque semaine, raillant aussi bien l'Église catholique, l'Islam, le sionisme ou le Front national. Une couverture intitulée « Le Pape démissionne » montrait le pape Benoît XVI déclarant « Enfin libre » dans une étreinte ostensiblement homosexuelle avec un garde suisse. Un autre numéro est appelé « Charia Hebdo ». Dans ce dernier, on y voit un ecclésiastique islamique émettre l'avertissement « 100 coups de fouet, si vous n'êtes pas morts de rire ». De nombreuses couvertures représentent le président français dans diverses positions humiliantes.

En 2011, les bureaux du magazine furent incendiés et les éditeurs déplacés dans un endroit discret. Même si en janvier 2015, leurs attaquants prirent par erreur une autre porte pour l'entrée du journal, la nouvelle adresse et le garde du corps du rédacteur en chef, Charb, n'ont pas permis de sauver le personnel.