Cette chère présidence française…

Article publié le 21 octobre 2008
Publié par la communauté
Article publié le 21 octobre 2008
La commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale examina le 31 octobre 2007 les sommes allouées à l’organisation de la présidence française de l’Union Européenne. Il apparaît que les 6 mois de présidence de l’UE (second semestre 2008) coûteront à la France 190 millions d’euros.
Ce budget prévisionnel est proche du coût de la présidence allemande (1er semestre 2007) -200 millions d’euros- mais plus de 2 fois supérieurs aux frais d’organisation des présidences des « petits pays » (par exemple le sommet organisé par la Slovénie au premier semestre 2008).

Par Lutin jovial

L’addition a fortement augmenté par rapport aux deux précédentes présidences françaises de l’UE (qui comptait à l’époque 15 pays membres, contre 27 à l’heure actuelle). En 1995, la présidence française avait coûté 14 millions d’euros ; celle de 2000 atteignait 57 millions d’euros.

Le Canard Enchaîné du 17 septembre 2008 révèle que Michel Barnier (ministre de l’agriculture) a convié ses homologues européens « dans son fief savoyard » les 22 et 23 septembre 2008. En plus des réunions, il est prévu que les ministres visitent « une ferme d’alpage dans le parc régional du massif des Bauges ». Pour l’occasion, la route d’alpage menant à la ferme a été refaite pour un montant de 161 325 euros. Toujours selon Le Canard Enchaîné, Nicolas Sarkozy devait rencontrer à Evian José Emmanuel Barroso (président de la commission européenne), Javier Solana (commissaire européen aux affaires étrangères) et Victor Iouchtchenko (président ukrainien). La veille au soir, cette rencontre a finalement été annulée et eut lieu le lendemain à Paris. Une soixante de voitures officielles était déjà présente à Evian. Elles ont dû être acheminées d’urgence à Paris. Une centaine de chambres d’hôtels étaient aussi réservées pour ce sommet d’Evian : 2 500 euros / nuit pour chaque suite.

Le compte-rendu de la séance de la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale du 31 octobre 2007 indique que Nicole Ameline rapporteure « a souhaité faire de la présidence française un rendez-vous majeur pour réconcilier les Français avec l’Europe ». Pas sûr qu’au regard des dépenses envisagées pour les frais d’organisation, cette mission soit remplie…