Centres de rétention pour étrangers : circulez, on enferme ! (3/3)

Article publié le 18 décembre 2014
Article publié le 18 décembre 2014

Alors qu’un nouveau projet de loi sur l’asile vient d’être présenté à l’Assemblée Nationale, retour sur un élément clé des politiques migratoires européennes : les camps d’enfermements pour étrangers. 

Quelles alternatives à la détention des migrants ?

La coalition internationale contre la détention (IDC) développe et promeut des alternatives à la détention qui sont respectueuses des droits fondamentaux des migrants. 

IDC propose différents modèles ouverts pour encadrer le retour des migrants dans leur pays d’origine sans les enfermer pour autant. Pour convaincre les États de la validité de ces alternatives, IDC met en avant le fait qu'elles sont moins chères et tout aussi efficaces que les centres fermés.

IDC ne remet donc pas en question le paradigme selon lequel les personnes en situation irrégulière n’ont d’autres options que d’être expulsées dans leur pays d’origine.

Ouvrir les portes des centres fermés

Selon le réseau Migreurop, 600 000 personnes sont détenues chaque année en Europe.

La campagne Open Access Now, lancée en 2011 par les réseaux Migreurop et Alternatives Européennes, a pour objectif la fermeture de tous les camps d’étranger-e-s en Europe et au-delà. Ces réseaux exigent aussi un accès inconditionnel de la société civile et des médias aux lieux d’enfermement.

Dans la plupart des pays de l’UE, l’accès aux camps est en effet limité pour les journalistes et les associations. Il est bien souvent difficile de s’entretenir avec les détenu-e-s. Seul-e-s les parlementaires disposent d’un droit de visite, et certains député-e-s et sénateurs/trices français-es n’hésitent pas à faire des déplacements « surprises » dans les centres.

Un des outils mis en place par Migreurop dans le cadre de la campagne Open Access Now est la carte interactive Close the Camps. Elle recense les différents camps et fournit des informations sur ces lieux. Elle permet aussi de visualiser et comprendre les conséquences de l’évolution de ces dispositifs sur la vie et les droits des personnes migrantes.

Conclusion

Et si on changeait de disque ? Et si on arrêtait de renvoyer les gens chez eux, dans leur misère, dans leurs guerres ? Personne n’ose penser aussi loin parce l’extrême-droite a implanté avec succès l’idée que ce serait l’invasion si on ouvrait nos frontières. Même la gauche a succombé aux sirènes du simplisme lorsque Michel Rocard a déclaré en 1989 qu’«on ne peut pas accueillir toute la misère du monde». Cela tombe bien, seuls 3% des habitants de la Terre ont migré dans un autre pays que le leur, et les migrations Sud-Nord sont en réalité minoritaires, la plupart des migrants et réfugiés se déplaçant dans un pays frontalier.

Le mur de Berlin est tombé il y a 25 ans. Personne à l’époque n’aurait imaginé que les frontières intérieures de l’Europe seraient un jour aussi faciles à franchir pour les citoyens européens. Alors, pourquoi est-il si difficile de penser que l’Europe pourrait faire de même avec les autres continents dans quelques décennies ?

Cet article est le dernier d'une série de trois consacrée aux centres de rétention pour étrangers. Retrouvez le premier et le deuxième articie ici et ici.