Celle qui Veil sur l'Europe

Article publié le 12 juillet 2017
Article publié le 12 juillet 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Plus connue pour son combat en faveur de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et son passé dans l’horreur des camps nazis, l’engagement européen de Simone Veil est pourtant manifeste. Plongée dans le parcours d’une femme européenne.

Quatre ans après l'adoption de la loi qui la rendit célèbre, permettant l'IVG, Simone Veil se tourne vers l'Europe. A la demande du Président français Valery Giscard-d’Estaing, elle intègre le parlement européen en 1978. Elle sera la première femme élue à sa tête, un an plus tard.

« On ne construit rien sur la haine », déclare son ami et ancien garde des Sceaux Robert Badinter, en la citant. En effet, la mission principale de la présidente du parlement sera de sceller la réconciliation franco-allemande, afin de reconstruire l'Europe. « [Sa vie] embrasse à la fois l’horreur et la construction pleine d’espoir de l’Europe du XXème siècle », affirme le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Décédée le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans, Simone Veil a reçu les hommages de figures européennes. "Nous disons adieu à une grande Européenne. Nous autres Allemands, nous la garderons dans nos souvenirs reconnaissants », saluera Angela Merkel.

De grandes ambitions continentales

Avec un mandat regroupant le droit des femmes, l'emploi, ou encore l’énergie, Simone Veil inscrit son travail européen dans la continuité de son combat français. Pourtant, elle écrira, en 2009, dans son autobiographie : « les jeux politiciens que je n’avais fuis en France que pour mieux les retrouver à Strasbourg avaient eu raison de mes forces. » Elle ne brigua donc pas de second mandat.

Mais Simone Veil ne renonce pas. Elle travaillera auprès du service juridique du Parlement et sera député jusqu’en 1993. Grande fervente de la construction d’une Europe pacifique, elle sera membre de la commission internationale pour les Balkans, qui œuvrera pour la paix en Bosnie-Herzégovine. Parallèlement, elle sera présidente d’honneur de la Fondation européenne pour la science, qui prône la recherche continentale et soutiendra des associations telles que ELSA France (European Law Student Association). En 2005, elle appellera à voter « oui » au référendum sur la Constitution européenne.

« Elle avait vécu dans sa chair les déchirements tragiques de l’Europe et avait su, par son engagement politique, contribuer à bâtir une paix durable en Europe », déclarera le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Un engagement que Simone Veil résumera dans sa biographie « Une Vie » : « Venus de tous les continents, croyants et non-croyants, nous appartenons tous à la même planète, à la communauté des hommes. Nous devons être vigilants, et la défendre non seulement contre les forces de la nature qui la menacent, mais encore davantage contre la folie des hommes. »