Ce que je vois dans Obama

Article publié le 9 mars 2008
Publié par la communauté
Article publié le 9 mars 2008
Au moment où j’écris ces lignes, Barack Obama semble avoir pris la tête dans les primaires du Wyoming. Bonne nouvelle. J’ai hâte que cette histoire de primaires soit terminée et qu’on puisse enfin se faire plaisir en voyant Barack démonter ces satanés républicains ! Et je me demande : qu’est-ce qui fait qu’on aime tous autant Barack Obama ?
Comment ça se fait que tant d’européens le soutiennent aussi naturellement ? Que représente-t-il vraiment pour nous ? Pour tant de gens, soutenir Barack semble une telle évidence ! Evidemment, c’est facile quand on est pas américains. De toute façon on ne risque pas grand-chose… ou peut être que si en fait… Obama, de ce côté de l’Atlantique, c’est un peu notre traitement miracle anti-Bush. Pour que l’Amérique cesse d’être une source d’angoisse.

Je repense à cette série, complètement absurde et surréaliste : West Wing. « A la Maison Blanche », en version française. Elle décrivait les aventures de l’équipe imaginaire d’un président américain, démocrate jusqu’à la caricature, le président Bartlet, joué par Martin Sheen. Et à chaque épisode, c’est une petite leçon d’Amérique qui nous était donnée : références à la Constitution, problèmes avec différents lobbys, citations bibliques en permanence. Dans neuf épisodes sur dix, les mecs rataient leur coup, mais pendant ce temps-là, on rêvait.

On rêvait de ce jour où une administration véritablement libérale serait élue et dirait : « on s’en tape d’être réélus, mais en attendant on va y aller à fond » ! Rien à foutre des lobbys industriels, des prêcheurs baptistes et des paysans du Middle West !

Alors pour moi, Obama, c’est juste Bartlet en vrai. J’ai pas vraiment lu tout son programme, Obama, c’est plutôt un style, une esthétique. L’idée que cette fois le balancier va vraiment revenir dans l’autre sens. Fini le « conservatisme compassionnel » contre le « libéralisme réaliste » ! Y’en a marre de cette idée selon laquelle pour gagner une élection on devrait toujours commencer par rassurer la ménagère, avec des bonnes grosses valeurs bien ringardes.

Ce que j’aime le plus chez Obama, c’est qu’il ne se sert pas des peurs des gens, c’est qu’il cherche à éduquer et à donner confiance plutôt qu’à infantiliser. Et c’est la vraie différence avec Hillary Clinton, avec son style lénifiant de bonne mère de famille. Tiens, elle me fait un peu penser à Ségolène Royal…

Et l’Europe dans tout ça ? En fait, quand je regarde Obama, j’espère qu’il sera élu pour qu’ensuite on s’inspire de lui sur notre vieux continent. Qu’on arrête d’avoir peur de tout, du gaz russe, des jouets chinois, de la mafia albanaise et du pétrole arabe ! Jamais dans toute l’histoire de l’humanité un continent n’a connu une telle prospérité et n’a autant réduit les inégalités (à l’échelle de l’histoire humaine, nos problèmes de pouvoir d’achat, c’est quand même de la petite bière…) et pourtant on est en train de se transformer en une maison de soins pour dépressifs. Le moindre désaccord est une crise, le moindre échec est un signe de déclin, la moindre attaque est le début de l’invasion finale !

Alors go Barack ! Botte les fesses de ces culs bénis de républicains et vient nous botter les nôtres après. On en a bien besoin !