Camille Claudel 1915

Article publié le 14 novembre 2013
Article publié le 14 novembre 2013

Voilà le récit poignant des premières années d'internement de Camille Claudel dans un asile. Solitude, abandon, frontière entre raison et folie, désespoir et frustration sont les maîtres mots de ce film. Juliette Binoche fait revivre avec brio cette sculptrice victime de tourments qu'elle sut exprimer dans son oeuvre. 

Fiche technique 

Titre : Camille Claudel 1915

Année : 2012

Durée : 97'

Pays : France

Direction : Bruno Dumont

Scénario : Bruno Dumont

Photographie : Guillaume Deffontaines

Distribution : Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent. Avec la participation de Alexandra Lucas, Danièle Frattaruolo, Jessica Herrero, Myriam Laloum et Christiane Blum

Production : 3B Productions

Genre : Drame psychologique

Le transfert dans un asile de Camille Claudel est "le symbole d'un passage de la beauté à la tristesse," déclare Bruno Dumont au sujet de son film Camille Claudel 1915, biopic d'une sculptrice qui a transgressé ce qui était permis pour une femme de son époque.

"Je n'ai rien écrit, tout le scénario réside dans ses lettres et son journal", assure B. Dumont dont le film soigné est construit autour des véritables protagonistes de l'histoire. Ces lettres mettent en lumière le temps de "la tristesse, des démences, des envies de fuir, du pessimisme et de la révélation."

Autant Camille Claudel que son frère, l'écrivain Paul Claudel, "sont tiraillés par des passions contraires", ce qui les rend "intéressants pour le cinéma" déclare le réalisateur.

Juliette Binoche est la seule actrice professionnelle de la distribution. Les autres acteurs sont les patients de l'asile qui vivent la tragédie des démences. Ainsi Bruno Dumont réussit-il dans ce film - à la lumière et au silence incomparables - à créer le même effet que Niccolò dell'Arca a donné à "La Déposition de croix" en représentant la douleur sur le visage de ses personnages qui rappellent les malades de Santa Maria della Vita de Bologne.