Cameron et le « Brexit » : Anarchy in the UE

Article publié le 16 janvier 2013
Article publié le 16 janvier 2013
Le Premier ministre britannique David Cameron tiendra mercredi à La Haye un discours très attendu sur la position de son pays face à l'UE. D'après les médias, il devrait annoncer un référendum portant sur un rapatriement de compétences. Ce projet pourrait prolonger la crise de l'euro et menacer la carrière politique de Cameron, estiment les chroniqueurs.

The Scotsman - Royaume-Uni : au 10 Downing Street, Osborne à faire cavalier seul

Une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE signifierait la fin politique de David Cameron, estime le quotidien The Scotsman, avant le discours sur l'Europe du Premier ministre britannique : « Cameron et [son ministre des Finances] Osborne tentent de suivre le cap le plus fédérateur possible. Leur but semble être le discours tant attendu de vendredi, dans lequel le Premier ministre garantira aux eurosceptiques un référendum lors de la prochaine législature. Pour sa part, il tentera de rester au pouvoir jusqu'à ce que Bruxelles valide de nouvelles clauses contractuelles pour la Grande-Bretagne. Cela semble compliqué ? Ça l'est. Cela signifie que pour Cameron, l'enjeu des négociations avec l'UE est énorme. Faute d'accord, le fossé se creuserait davantage dans le camp des conservateurs avant le référendum. Osborne a déjà déclaré que la Grande-Bretagne pourrait quitter l'UE. Un tel fiasco signerait la fin de Cameron et d'Osborne. » 

Lire 'Analysis: Losing this high-stakes game could be end for Tory top two'  sur The Scotsman (Article publié le 15.01.2013)

nrc.next - Pays-Bas : « You never walk alone »

La volonté de Cameron de rapatrier des compétences est contre-productif en pleine crise de l'euro, critique l'ancien diplomate Michiel Servaes dans sa chronique pour le quotidien libéral nrc.next : « Si un pays est capable de faire contrepoids au tandem franco-allemand, c'est bien la Grande-Bretagne. … Les Pays-Bas et l'UE ont donc de bonnes raisons de garder les Britanniques à bord. … Alors pourquoi ces derniers souhaitent-ils rapatrier maintenant leurs compétences ? … Le gouvernement britannique a toujours favorisé les actions dynamiques [dans la crise de l'euro] et a toujours trouvé logique la collaboration plus étroite des pays de la zone euro. Il serait donc pour le moins étrange que ce même gouvernement entrave ce processus et prolonge éventuellement la crise. … Ce serait une catastrophe pour nous mais aussi pour la Grande-Bretagne, car la moitié de ses exportations dépendent des autres pays de l'UE. »

Site officiel de nrc.next (Article publié le 16.01.2013)

Corriere del Ticino – Suisse : Obama douche Cameron

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré lundi dans un entretien télévisé qu'il entendait modifier considérablement le rôle de la Grande-Bretagne au sein de l'UE, mais qu'il n'envisageait pas de sortie du pays. Cameron a mis de l'eau dans son vin pour satisfaire le président Barack Obama, analyse le quotidien libéral Corriere del Ticino : « Après les hurlements au loup sur les institutions européennes qui menaçaient la souveraineté britannique, quelque chose semble avoir modéré le propos de Cameron. Il est évident que pour le gouvernement américain, une UE unie est primordiale de trois points de vue : politique, économie et défense. … Les Etats-Unis ont besoin dans les négociations avec l'Europe d'un interlocuteur principal. La Grande-Bretagne endosse ce rôle, et pas seulement en raison de la langue commune. Car les Etats-Unis ont aujourd'hui besoin de l'influence de Londres sur l'UE pour faire contrepoids à l'Allemagne. »

Site officiel du Corriere del Ticino (Article publié le 15.01.2013)

Photo : (cc) The Prime Minister's Office/ flickr