CaféBabel Strasbourg choisit Eva Joly comme personnalité de l'année 2011

Article publié le 11 janvier 2011
Article publié le 11 janvier 2011
par Claudine Girod Sollicitée par la rédaction centrale européenne de CaféBabel.
com pour désigner sa personnalité de l'année 2011, l'équipe Strasbourgeoise joue le jeu et présente ses arguments pour étayer le choix d'une Eurodéputée hors système qui transcende les clivages traditionnels et qui compte, à travers sa candidature à l'élection à la présidence de la République française, porter l'espoir d'une autre manière de faire de la politique.

Pourquoi Eva Joly?

D'abord, parce que cette Eurodéputée s'engage dans la campagne présidentielle française contre vents et marées. Une aventure dans laquelle elle n'a rien à gagner et bien des coups à prendre. Pour mener ce combat, elle paraît "exceptionnellement peu outillée" -elle le concède - face aux machines à gagner les élections que sont devenus les partis politiques traditionnels. Mais voilà un enjeu démocratique qu'elle entend bien relever, loin de la politique spectacle et des "spins doctors". Femme, bi-nationale, taxée "d'écologiste de la dernière pluie" au sein de son propre mouvement Europe-Ecologie-Les Verts, elle semble cumuler tous les handicaps. Et si justement, dans un contexte global de défaillance des élites, ces handicaps se révélaient des atouts?

La magistrate - qui, faut-il le rappeler, a instruit les dossiers politico-financiers tels l'Affaire Elf ou celle des frégates de Taïwan et vécu pas moins de six longues années sous protection policière - n'a certes pas froid aux yeux. Mais cette femme d'action est surtout portée par une intime conviction: sa candidature est un message d'espoir. Pourquoi une descendante d'une lignée d'agriculteurs de montagne norvégiens, qui ne parlait pas français à 20 ans, ne pourrait-elle pas briguer la magistrature suprême?

"Face à l'immensité de la tâche à relever en cette aube du 21e siècle, personne n'est de taille. C'est là toute l'importance du collectif. Je ne fais que porter la voix de toutes celles et tous ceux qui sont animés par une même soif de justice, sociale comme écologique (…) et qui aspirent à redonner une couleur de vérité à la devise de la République française".

La jeune grand-mère le martèle: "Il nous appartient de faire des choix qui font que la vie des générations futures sera possible et digne". La présidente de la Commission Développement du Parlement européen nous interpelle : "Quel prix paie les trois quart de l'humanité pour ce que nous nommons notre progrès?’’ Et d'appeler à "refaire une civilisation" et inventer la "société post-productiviste".