Bulgarie et Roumanie: la barrière n'est pas encore levée

Article publié le 2 mars 2012
Article publié le 2 mars 2012
Par Nicolas Arens Il faudra attendre encore un peu de temps pour les deux derniers venus dans l’Union. Le club, parfois un peu tendu, des pays sans contrôle aux frontières oppose un nouveau délai. Ce sont les Pays-Bas qui bloquent cette fois-ci.

« Aussi longtemps que nécessaire », voilà ce qu’a répondu Mark Rutte, premier ministre néerlandais, à la question : « combien de temps votre pays sera opposé à l’entrée dans Schengen de la Roumanie et de la Bulgarie ? ». Les deux pays d’Europe orientale ont donc dû rapidement déchanter. Leur entrée dans le club des pays sans visa ne sera pas pour tout de suite.

Pourtant, de la part de la Roumanie, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Son simili-blocage contre l’octroi à la Serbie du statut officiel de candidat à l’UE n’aura pas fait long feu. Et il n’aura fallu qu’une promesse de la Commission de « suivre attentivement la protection des minorités » en Serbie pour rassurer la Roumanie. Cette dernière aura au moins démontré quelle incertitude provoque une logique de blocage, clin d’œil aux Pays-Bas. Les deux dossiers ne seraient cependant pas liés, martèlent les officiels, Van Rompuy et Schulz en tête. On aurait donc d’une part l’adhésion de Sofia et de Bucarest à Schengen qui bloque, et d’autre part, la Serbie qui, elle, est désormais candidate.

Toujours est-il que c’est la corruption, l’état de droit et l’indépendance de la justice qui restent problématiques selon les Néerlandais. Du reste, ceux-ci diraient tout haut ce qu’une large majorité pense tout bas. En effet, certains Etats membres, dont la France, seraient réputés favorables à un ralentissement de l’extension de Schengen. Néanmoins, on ne peut qu'être reservé face à une telle stratégie. A trop vouloir approfondir l’évaluation des pays candidats à Schengen, les Etats membres ruineraient à l’avance la confiance interne du club, pourtant vitale à son bon fonctionnement.

Bulgarie et Roumanie resteront donc dans l’expectative et ce, malgré toute la « volonté politique des Etats » qu’a salué Van Rompuy. Nous attendons donc les conclusions de la Commission sur les efforts fournis par les deux pays. Suite de l’histoire, en Juin...