Budget de l'UE : Britanniques, Scandinaves et Hollandais coupent l'élan

Article publié le 17 novembre 2010
Article publié le 17 novembre 2010
Les négociations sur le budget de l'UE à Bruxelles ont échoué devant la résistance de certains Etats membres. Ce conflit de pouvoir au sein de l'UE bloque d'importants nouveaux projets communautaires, critique la presse européenne.

Gazeta Wyborcza – Pologne : L’UE menacée de démantèlement

 Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a imputé l'échec des négociations budgétaires à un petit groupe d'Etats membres, en usant d'une franchise inhabituelle. Ceux-ci n'ont selon lui pas été prêts « à négocier dans un esprit européen ». Un esprit que l'on risque de perdre complètement si les trouble-fête ne sont pas neutralisés, met en garde le quotidien libéral Gazeta Wyborcza : « Le fiasco des négociations portant sur le budget européen de 2011 nous montre que la lutte de pouvoir a débuté au sein de l'Union. Si le point de vue britannique s'impose, nous (c'est-à-dire nous plus l'ensemble des pays de l'Union) connaîtrons des problèmes considérables. La Pologne devrait donc soutenir le Parlement européen dans ce conflit. … La réelle menace porte sur l'avenir. Si ce conflit s'achève par la défaite du Parlement européen et la victoire d'une poignée de gouvernements menés par la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark, alors c'est le démantèlement progressif de l'UE qui nous attend. »

(Article publié le 17.11.2010)

Die Welt – Allemagne : Le Parlement européen s’émancipe

L'UE est sans budget pour l'année prochaine, ce qui implique automatiquement que l'on se référera au budget précédent. Ce n'est donc pas la fin de Bruxelles, rassure le quotidien conservateur Die Welt, qui attire l'attention sur l'objet réel du litige : « Le nouveau traité européen de Lisbonne est en vigueur depuis près d'un an. Il garantit aux 736 députés [du Parlement européen] une plus grande participation au processus décisionnel. C'est une bonne chose, comme l'a montré l'intervention du Parlement dans l'accord Swift avec les Etats-Unis. Certains éléments de cette entente sur l'échange de données bancaires étaient absolument inacceptables et le nouvel accord est légèrement amélioré. Si le Parlement surveille des processus européens peu évidents pour les citoyens, et touchant au quotidien de 500 millions d'individus, c'est un avantage pour tous. Cela vaut également pour la planification budgétaire. … Bruxelles doit juste montrer un peu plus que Berlin que ses projets sont plus efficaces. Il sera sinon facile aux Etats membres de dire à leurs citoyens de toute façon déjà eurosceptiques, qu'en temps de crise, “les eurocrates" sont de vils gaspilleurs. »

(Article publié le 17.11.2010)

La Stampa – Italie : Les Britanniques jouent contre leur camp

Le litige entre les Etats membres empêche le renforcement du budget européen. Les opposants mettent ainsi en péril le développement d'importants projets communautaires et se tirent une balle dans le pied, estime le quotidien libéral La Stampa : « Britanniques, Néerlandais et Suédois mènent le front dégarni des pays qui ont empêché l'accord. D'abord pour des motifs compréhensibles de rigueur financière, ensuite avec des arguments politiques plus difficiles à accepter, s'opposant à l'élargissement des compétences du Parlement européen. (…) On bloque ainsi toute nouvelle initiative. Il est paradoxal que (…) le Premier ministre conservateur britannique Cameron s'attaque au service des Affaires étrangères de sa compatriote, la baronne Catherine Ashton. »

(Article publié le 17.11.2010) 

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Photo: (cc)Nazli G./flickr