Bruxelles : une Europe en béton

Article publié le 27 avril 2017
Article publié le 27 avril 2017

[CONTENU SPONSORISÉ] Plaque tournante de l’UE mais lassée par le flou qui entoure son identité européenne, Bruxelles a décidé de faire sortir l’Europe de terre. Visite de quatre lieux symboliques qui devraient vous faire aimer votre (bon) Vieux Continent. 

Pas de champagne, de petits fours, ni de photos officielles qui immortaliseront Donald Tusk en train de couper un ruban rouge avec des ciseaux d’argent. À la place : une file d’attente de plus de 2000 citoyens européens qui attendent impatiemment que le rideau tombe sur la porte d’entrée de l’Europa. Ce samedi 10 décembre 2016, ils sont nombreux à trépigner devant le nouveau bâtiment du Conseil européen. Il faut dire que ceux qui aiment fouler la moquette des institutions auront attendu longtemps. Après plus de 10 ans de travaux, l’Europe dévoile enfin son nouvel écrin : un cube gigantesque qui abritera les nouvelles réunions des 27 représentants d’États membres, tantôt ministres, tantôt chef de gouvernement.

L’Europa, c’est plus fort que toi

Pourtant, les premiers à pénétrer dans l’Europa ne s’appellent pas Angela Merkel, Theresa May ou Mariano Rajoy mais bien Patrick, Laura ou Fernando. Autant d’anonymes venus se presser dans le froid pour profiter de la journée porte ouverte décidée par les institutions qui ont mis un point d’honneur à accueillir les citoyens européens avant les responsables politiques du Vieux Continent. Noël avant l’heure ? Au moins pour celui qui aime les défis. Car l’Europa a pris des risques niveau look. Construit sur 70 000m2, le bâtiment comporte 3750 fenêtres différentes, une lanterne centrale en forme d’œuf éclairée par 374 tubes LED et une certaine idée de l’alliage entre l’ancien et le neuf. Le coût ? 321 millions d’euros sur une enveloppe initiale de 240 millions. Un projet de dingue pour beaucoup, qui critiquent l’explosion du budget d’un lieu qui abritera encore les soi-disant décisions molasses des technocrates en costard-cravate.

Face aux sceptiques, l’architecte belge en charge du projet, Philippe Samyn, tente de justifier l’addition. À Patrick, Laura et Fernando, il explique que primo, il coûte bien moins cher que le bâtiment de l’OTAN, situé à l’autre bout de la ville et qui pèse un milliard. Deuxièmement, l’Europa affiche une vraie identité européenne puisque sa façade est un assemblage de châssis en bois directement récupérés sur des chantiers de démolition de tous les pays de l’UE. Puis, il balance le bouquet final : la salle de réunion où se tiendront les prochains sommets des chefs d’États de l’UE qui affichent des carreaux de couleur du sol au plafond. « Les bâtiments institutionnels sont souvent austères voire sinistres, souligne Philippe Samyn. Là, nous avons voulu construire un lieu qui appelle à la décontraction et à la joie dans les prises de décisions importantes. » Fonctionnel depuis le premier trimestre de 2017, vous saurez bientôt si l’ambiance multicolore des conseils a permis d’adoucir les relations entre Angela Merkel et les Grecs.

La CECA, Kennedy et des pintes

Une chose est sûre : avec l’Europa, Bruxelles fourbit toujours un peu plus son quartier européen. Mais si la rue de la loi compte désormais trois haut-lieux de l’UE (avec le Lex et le Justius Lipsus), la capitale belge multiplie aussi les espaces culturels sur l’Europe. À 10 minutes à pied, c’est une autre maison qui attend patiemment d’accueillir son public. Fin prête depuis quelque temps, la Maison de l’Histoire européenne ouvrira grand ses portes le 6 mai prochain à l’occasion de la fête de l’Europe. L’occasion de mettre enfin les pieds dans le premier musée officiel de l’histoire de l’Union européenne. Installé en plein milieu du Parc Léopold, le bâtiment affiche des allures un tantinet solennelles avec ses deux ailes et son entrée en escalier. Rénové sur les fondations d’une clinique dentaire pour enfants défavorisés, il attise déjà les moqueries des eurosceptiques qui radotent le coût du projet : 56 millions d’euros. Qu’importe, à partir du weekend prochain, vous pourrez (ré)apprendre ce que vous n’avez pas suivi en classe : la CECA, le Traité de Rome ou la directive Bolkestein. Et ça, ça n’a pas de prix.

Tout comme le point d’information du Parlement européen. Baptisé « Station Europe », cet espace gratuit met à disposition ses infos et son personnel pour offrir aux jeunes esprits fougueux l’occasion de se plonger virtuellement dans l’hémicycle. Maquettes 3D, dioramas, écrans tactile... l’UE a régalé pour que vous connaissiez son institution élue sur le bout des doigts. Cette Station Europe a eu la bonne idée de prendre ses quartiers non loin de la célèbre Place du Luxembourg – haut-lieu de la night pro-européenne – dans ce qu’il reste de l’ancienne gare de Bruxelles - Quartier Léopold. Un positionnement géographique qui veut surtout dire une chose : si jamais vous êtes frileux à l’idée de plonger la tête dans le Parlement européen 2.0, envoyez-vous quelques pintes de l’autre côté de la rue, et revenez remplis d’allégresse. L’Europe n’en sera que plus belle.

Enfin, en plus d’ériger des bâtiments à la gloire de l’Europe, Bruxelles décide de déplacer des monuments. Ainsi, sur l’esplanade du Berlaymont – le siège de la Commission européenne – vous pourrez dire que vous avez vu (et instragrammé) un sacré morceau : une authentique partie du Mur de Berlin qui pèse trois tonnes et mesure 3,6 mètres de haut. Dessus ? Le portrait de John Fitzgerald Kennedy entouré du drapeau des États-Unis. Nommé « Kennedy Piece », il fait partie des 15 pans de mur transportés dans la capitale belge en 2009 pour les besoins de l’installation « Breaking the Wall » à l’occasion du 25ème anniversaire de la réunification allemande et de la chute du Mur de Berlin. Preuve de l’importance de la chose, Wolfgang Schäuble (ministre des Finances allemand), Günther Oettinger (commissaire européen) et Kristalina Gueorguieva (vice-présidente de la Commission à l’époque) sont venus y sabrer le champagne un an plus tard. Depuis, la Commission a acheté la « Kennedy Piece » pour la poser devant sa porte. Combien ? 4 500 euros. N’en déplaise aux eurosceptiques.

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Tous les bâtiments précités seront ouverts au public à l’occasion de la journée de l’Europe, le 6 mai 2017.

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Contenu sponsorisé par Visit Brussels.