Bruxelles : sous la pluie, un arc-en-ciel

Article publié le 20 octobre 2014
Article publié le 20 octobre 2014

[Opinion] "Bruxelles, attends-moi j'arrive. Bientôt, je prends la dérive" chantait déjà Dick Annegarn en 1974... Aujourd'hui, la capitale belge charme toujours autant. Regards sur une ville qui n'a pas fini de surprendre.

"Le Manneken-Pis est tout petit!"... Qui n'a jamais prononcé ces mots de manière furtive et déconcertée! Sur les cartes postales, c'est la Statue de la Liberté bruxelloise. Bruxelles est petit. Il pleut souvent. Combien de fois doit-on courir dans un magasin s'acheter un parapluie, entre deux draches, le regard baissé sur ses bottes en daim achetées avenue Louise...

Capitale de la Belgique et de l'Union européenne, Bruxelles compte 163 nationalités, 19 communes, 4 écoles européennes, une école internationale parmi d'autres écoles anglophones ainsi qu'une armada de musées, d'évènements, de concerts et de festivals, sans compter les innombrables expositions, foires et salons. Parfois, il faut jouer à la courte paille pour savoir où commencer la soirée, même si la fin est toujours une surprise.

Quand il fait beau le matin, quel bonheur d'utiliser l'ascenseur des Marolles pour descendre des hauteurs de la ville, comme on descendrait une piste de ski - une piste vertigineuse de pas moins de 28 mètres! En flânant dans la ville, les antiquaires pullulent, les chocolatiers vous titillent le nez. Difficile de choisir entre la frite du coin, le stoemp saucisse avec une bière ou la gaufre bruxelloise dont on vous a tant parlé. Tranchons: prenons les trois.

Dans la file pour ce musée d'art dont on ne citera pas le nom mais qui rappelle qu'une pipe n'est pas toujours une pipe, vous avez l'impression d'être dans huit pays en même temps. C'est quelle langue à ma droite? Et à ma gauche? "Mevrouw, vergeet uw ticket niet". Distraite, il vaut mieux faire une chose à la fois. Cette multitude de langues et de visages autour de soi rajoute plus de gaieté et de peinture à cette magnifique oeuvre qui nous lorgne.

Une petite faim s'installe, mais comment se décider? Tant de choix, tant d'endroits. L'estomac grogne, c'était quoi encore ce que le Routard conseillait, un waterzooi?

Que peuvent bien se raconter toutes ces perruches réfugiées en nombre dans les espaces verts de la ville? Même si on ne les voit pas, on peut les entendre à cinq kilomètres à la ronde. Pourquoi se plaindre du Plan Wathelet si ces petites créatures vertes fluos nous éclatent le tympan? Mais qu'est-ce qu'elles sont mignonnes...

Pour se calmer les esprits, une bière s'impose. Mais laquelle? Certains bars en proposent plus de mille différentes: on aurait presque plus vite fait de lire le Seigneur des Anneaux! Une bière dans un café bruyant, c'est comme le bruit du silence. N'oubliez pas, quand une moustache blanche se dessine sur vos lèvres, c'est le signe qu'il est temps de rentrer.

Retour chez soi. Un dernier regard vers le ciel, vers ces magnifiques couchers de soleil bruxellois. Mais d'où viennent ces couleurs? Il y en a autant qu'au musée de tout à l'heure...

Bruxelles est charmante: quel brassage de cultures, quelle ouverture d'esprit! C'est une ville qui aime plaire à tout le monde, que ce soit en matière d'éducation, de mobilité, de logement ou d'activités culturelles. Elle aime charmer, séduire, se faire aimer... Mais attention, elle nous prend au piège car au final, sous le vent et la pluie, on aimerait y rester.