Bruxelles et Strasbourg sont entre Nice et Lisbonne

Article publié le 18 juin 2009
Article publié le 18 juin 2009
Par Guillaume Delmotte, le 17 juin 2009 Bruxelles et Strasbourg sont entre Nice et Lisbonne… Sur une carte, ça semble presque tenir. Mais le problème n’est pas géographique : il est politique.

Alors que les citoyens européens viennent d’élire leurs députés au Parlement européen, dont le siège est à Strasbourg, et que le Conseil européen va se tenir à Bruxelles les 18 et 19 juin, les institutions de l’Union européenne hésitent entre les règles du jeu à appliquer et oscillent entre celles du Traité de Nice, en vigueur, et celles du Traité de Lisbonne, qui pourrait l’être bientôt :

si l’Irlande le ratifie ; si le Président de la République tchèque, Vaclav Klaus, le signe ; et si David Cameron, le leader des Conservateurs britanniques, n’accède pas trop tôt au pouvoir (ce dernier veut organiser un référendum à ce sujet, mais les élections générales au Royaume-Uni ne sont pas prévues avant juin 2010).

A la suite de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, il a été décidé que M. Barroso, président de la Commission européenne, obtiendrait leur soutien à la condition qu’il présente un programme ambitieux pour les cinq prochaines années. M. Barroso, qui a déjà l’appui de la majorité des Etats membres, a adressé une lettre en ce sens au Premier ministre tchèque, président en exercice du Conseil de l’Union européenne. Il pourrait donc être proposé dès le 19 juin. Le vote du Parlement européen interviendrait dès le 15 juillet !

Mais nombre de parlementaires sont hostiles à cette nomination – faite sous l’empire du Traité de Nice – qu’ils jugent prématurée, d’autant que celle des commissaires se ferait dans le cadre du Traité de Lisbonne. Daniel Cohn-Bendit évoque même un « front du refus » quant à la méthode proposée par les chefs d’Etat et de gouvernement. Dès lors, il s’agirait d’anticiper l’application des règles du Traité de Lisbonne qui donne au Parlement européen plus de poids dans la manœuvre. C’est en effet du Parlement, qui représente les citoyens européens, que peut émerger, le cas échéant, une solution différente, en fonction du rapport de force interne.

Au-delà des arguments juridiques, l’enjeu politique est bien là : faire entendre la voix du Parlement européen dans le concert des Etats.

(Photo : Lonely Walker par UnprobableView (flickr))