Brexit : Theresa May va-t-elle faire ce qui lui plaît ?

Article publié le 13 juillet 2016
Article publié le 13 juillet 2016

Voilà. Theresa May sera la nouvelle première ministre britannique, après que sa concurrente Andrea Leadsom a décidé de renoncer à briguer le poste laissé vacant par David Cameron. Les commentateurs pensent que May saura négocier la sortie de l'UE sans trop de dommages.

Espagne - La Vanguardia : la Merkel anglaise

Dans La Vanguardia, le chroniqueur Màrius Carol compare la fermeté de Theresa May à celle d'une autre femme de pouvoir : « Cette lady tient plus de l’administratrice que de la politique. Un célèbre chroniqueur conservateur a écrit que lui confier le gouvernail du pays alors que la Grande-Bretagne prépare la sortie de l’UE était comme laisser un directeur de banque arbitrer un combat de boxe entre deux poids lourds. Elle a tout de même été ministre de l’Intérieur pendant six ans, un record dans son pays. Personne n’y était arrivé ces 50 dernières années. May est souvent comparée à Merkel. Elle a la réputation d’être dure, elle est fille de pasteur et n’a pas d’enfants. Elle lui ressemble aussi dans sa conception de la sympathie. Ainsi, elle a déclaré hier que le président de l’UE aurait bientôt l’occasion de confirmer sa réputation de femme difficile ». (12.Juillet 2016)

Pays-Bas - De Telegraaf : un choix qui calme 

Theresa May est la personne idéale pour mener les négociations avec l’UE, estime De Telegraaf : « Le fait qu’elle ait appartenu au camp du Remain fait d’elle une partenaire de négociation avec l’UE acceptable. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle respecterait le résultat du référendum. Indépendamment de ceci, elle a la compétence de leadership nécessaire qui sera utile dans les laborieuses négociations à venir. En d’autres termes, May pourrait être le choix idéal pour ramener le calme dans un Royaume-Uni profondément divisé. Dans cette entreprise, l’aide de l’UE serait fort utile. Le discours hostile de plus d’un dirigeant européen est précisément ce qui éloigne les Britanniques de l’UE. On ne fait pas la promotion d’une Union en menaçant d’enfer et de damnation les membres qui en sortent ». (12 Juillet 2016)

La Grande-Bretagne sous Theresa May ?

Royaume-Uni - The Independent :  démocratrie, darling 

Le fait que Theresa May ait été élue à sa nouvelle fonction par les députés Tories, et non par le peuple, risque de desservir et sa personne et son parti, écrit The Independent : « Quand les chefs de parti échouent après avoir été élus par les membres de leur parti, la faute en incombe à la base, qui a élu un incapable. Quand un premier ministre élu n'est pas à la hauteur, le pays a misé sur le mauvais cheval. Mais quand le poste de premier ministre lui est servi sur un plateau d’argent – même s'il s’agit de la course au leadership la plus alambiquée que la politique moderne ait jamais connue – c’est toujours de la faute du parti. C’est la leçon que l’on peut tirer de la défaite de Gordon Brown (premier ministre britannique de 2007 à 2010). Le seul moyen pour Theresa May d'obtenir la fonction qu’elle brigue et de protéger le parti qu’elle sert est d’organiser sans plus tarder de nouvelles élections législatives ». (12 Juillet 2016)

Et pendant ce temps-là, David Cameron, lui, chante. Normal.

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Cet article est publié en partenariat avec euro|topics