Bras de fer entre l’Europe et Google

Article publié le 7 décembre 2014
Article publié le 7 décembre 2014

Fin novembre, les eurodéputés ont approuvé à la majorité une motion visant à séparer Google en deux pour mettre fin à l’abus de position dominante de la firme américaine. 

Ce que l'Europe reproche à Google

Le jeudi 27 novembre dernier, le Parlement européen a adopté une résolution visant à scinder en deux les activités de Google, en séparant son service de recherche de ses autres activités commerciales. Cette résolution fait suite aux nombreuses plaintes à l’encontre du géant américain pour abus de position dominante : sachant que plus de 90% des recherches sur le net en Europe passe par Google, ce dernier profite de son monopole quasi absolu pour mettre ses propres services en avant. En effet, lors de ses recherches sur internet, le consommateur est toujours dirigé en premier vers les services de la firme américaine. Ainsi, si vous désirez écouter ou acheter un morceau de musique, Google vous dirige en priorité sur YouTube ou Google Music, deux filiales du géant américain. Besoin d’un billet d’avion pour Barcelone ? Vous serez dirigé vers Google Flight.

Or, ce monopole a un effet dévastateur tant sur l’emploi que sur la création de nouvelles entreprises, en particulier dans le secteur de l’innovation et des nouvelles technologies. L'inquiétude est d'autant plus vive que la firme de Mountain View projette d’étendre ses services à d'autres secteurs : aux Etats-Unis, elle vise déjà le secteur de la livraison, de la téléphonie et bientôt du service bancaire. L’appétit de l'ogre semble sans limites.

Rappelons que le Parlement ne reproche pas à Google son expansion, car elle reste avant tout une entreprise comme les autres, mais sa position dominante. Une position lui permettant de favoriser ses propres produits et services aux dépends de ses concurrents.

Un moyen de pression symbolique

Cependant, la résolution adoptée par le Parlement n'a, dans les faits, pas d'effet contraignant. Du moins pour l’instant. Alors quel est son objectif ?

En adoptant cette résolution, les parlementaires visent à faire pression sur la nouvelle Commission fraîchement élue en mettant en évidence un dossier prioritaire. Ils espèrent ainsi donner un nouvel élan à une procédure déjà entamée depuis 4 ans et qui commençait à s’essouffler. Ils veulent également donner un signal fort au géant américain et signifier leur hostilité à ses pratiques commerciales déloyales.

La nouvelle Commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, a du pain sur la planche ...