Bourse Eurodyssée : l'Erasmus du travailleur

Article publié le 7 novembre 2007
Article publié le 7 novembre 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Partir bosser à l’étranger, quasiment tous frais payés, c'est désormais possible. Grâce à une bourse, ‘Eurodyssée’, accordée par les régions et qui connait un succès croissant.

Depuis sa naissance en 1985, 'Eurodyssée’ a accordé près de 10 000 bourses à des jeunes travailleurs européens entre 18 et 30 ans. Comparé au million et demi d’élèves Erasmus partis depuis 1987, on peut parler du ‘parent pauvre’ des initiatives à destination des jeunes Européens. Il s’agit surtout d’un complément pour ceux qui sont restés accrochés à la vie ‘érasmique’ d’apprentis globe-trotters ou refusent de se séparer de leur ‘eurocouple’.

Mais Eurodyssée représente aussi une formation parfaite pour ceux qui ont choisi une formation non universitaire. « J’ai quitté un travail dans lequel je me sentais plutôt à l’aise car mon envie de vivre cette expérience m’a fait tout plaqué », raconte Dani Grau, un technicien supérieur en transport international de 25 ans originaire de Valence. « En 2006, trois jours après la fin de mon stage Eurodyssée à Reims, en France, j’ai commencé à travailler dans une entreprise de transports à Murcia », ajoute-t-il.

Selon des statistiques, 75 % des participants effectuent leurs stages Eurodyssée dans des entreprises en rapport avec leur formation, et 80 % obtiennent un emploi dans l'année qui suit leur expérience.

Les destinations préférées ? La France et l’Espagne, qui accueillent les trois quarts des boursiers.

Les régions se réveillent

Même s’il est né avant Erasmus, Eurodyssée se développe plus lentement. D’une part, il ne dépend pas de la toute-puissante Commission mais de l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE), un « organe de représentation politique » des régions au sein du Conseil de l’Europe, qui regroupe plus de 50 pays européens.

D’autre part, c’est un programme conclu entre régions européennes et entreprises, et non entre universités connectées entre elles depuis toujours. Lors de sa dernière assemblée, qui a eu lieu les 20 et 21 à Geoagiu Bi, Roumanie, seules 26 régions d’Europe (10 % de l’ARE) s’étaient jointes au programme, 41 si l’on ajoute les régions qui négocient leur participation en 2007, année où l'on atteindra un record avec plus de 5 00 stagiaires recensés.

Sans complications bureaucratiques

Les démarches bureaucratiques pour être accueilli comme travailleur sont beaucoup plus fluides que les critères exigés par le programme Erasmus. « Ce sont eux qui sont venus me chercher. Mes coordonnées circulaient sur Internet et je suppose que j’avais le profil correct », assure Daniel Grau, qui vit aujourd’hui à Majorque tout en se préparant à devenir steward pour la compagnie Air Europa grâce à ses connaissances de français.

« J’ai seulement dû me rendre à un entretien préalable avec une responsable de la bourse qui m’a extrêmement bien conseillé. Une fois à Paris, je me suis sentie très entourée par l’APRECCA, l’organisation locale qui gère ces bourses dans la région Île-de-France et qui prépare des excursions géniales pour les participants à cette ‘odyssée’ », explique Paula Criado, une Espagnole diplômée en traduction et interprétation qui est partie à Paris en 2005. Paula appartient à la majorité de femmes (69 %) qui participent majoritairement à l’Eurodyssée. Aujourd’hui, elle travaille pour l’Office de Tourisme de Valence.

Conséquences

« Si je décidais de retourner à Reims, je n’aurais aucune difficulté à trouver du travail et à me recréer une vie sociale », poursuit Daniel Grau. Paula Criado, qui a déjà participé au programme Erasmus, a parfaitement appris « les méandres du secteur de la traduction en France ». Sur le plan professionnel, tous deux affirment en être sortis ‘renforcés’. « On ne m’a jamais chargé de trop de travail, mais on m’a proposé des défis qui m’enthousiasmaient souvent », commente Daniel.

« Sur le plan personnel, Eurodyssée m’a largement aidée à mûrir », précise Paula.

«Au début je n’étais pas satisfaite des fonctions que l’on me confiait. J’ai donc exprimé mon opinion au directeur de l’entreprise et ‘re-négocié’ mes conditions de manière cordiale.»

« J’améliorerais la communication car seuls les plus avisés sont au courant de l’existence de ce programme », regrette Daniel Grau. De son côté, Paula Criado juge qu’il faudrait amélior les conditions salariales : les 800 euros mensuels que recevait Paula à Paris lui permettaient à peine d’arriver à la fin du mois, même si Daniel assure qu’avec « une bonne gestion», ses 760 euros lui suffisaient pour vivre à Reims.

Souvent, les sites web des institutions régionales participants à Eurodyssée conseillent de se rendre dans la ville de destination avec une certaine somme d’argent, tant pour compenser le montant de la bourse, que le retard avec lequel elle est parfois versée au stagiaire.

Fiche informative

Qui ? Les jeunes entre 18 et 30 ans avec au moins un diplôme professionnel

Quelques régions participantes : Wallonie, Açores, Andalousie, Catalogne, Baden-Württemberg, Bourgogne, Picardie, Istrie, Tulcea…

Quelques entreprises : Geodis, Ikea, Musée du Louvre, cafebabel.com, Amnisty International, Alcatel, Jornal da Madeira, Hôtels Accor...

Durée : entre 3 et 7 mois et comprenant un cours intensif de langues d’un mois

Statut : stages de formation professionnelle ou rémunérés

Assurances comprises : sécurité sociale locale et assurance responsabilité civile

Logement : certaines régions offrent des studios dans des foyers pour jeunes travailleurs

Salaire : entre 600 et 800 euros par mois

Déplacement : Les coûts de voyage aller-retour ne sont pas compris dans la bourse