Bologne, tellement plus que les spaghettis

Article publié le 29 août 2006
Article publié le 29 août 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Des gravures de mode au total look panthère à la pasta d’inspiration divine, vivre à Bologne c’est découvrir toutes les fantastiques excentricités de la plus ancienne ville universitaire d’Europe.

La première chose qui m’a frappée à Bologne ? L’agitation émanant des 400 000 travailleurs consciencieux qui partent vaquer à leurs occupations quotidiennes. A Londres, les gens se pressent sur des trottoirs gris et sombres, sous un ciel de la même teinte. Les Bolonais se promènent ou roulent à vélo cahin-caha sur de vieilles rues pavées. Ils entrent dans des cafés pour savourer un cappuccino accompagné de brioches, discutent debout au comptoir puis repartent en toute hâte, si beaux abrités derrière leurs lunettes de soleil.

Manteaux de vison et tortellinis

Les locaux sont réputés être les plus tâtillons de toute la péninsule en matière vestimentaire et leurs goûts bizarres suscitent autant de plaisir que de consternation. La règle du jeu est simple. Vous avez plus de 35 ans et les premiers frimas hivernaux sont là, hors de question d’être vu lors de votre balade du soir à la piazza sans la pelisse en vison de la tête aux pieds, chapeau assorti cela va de soi. L’affirmation est valable lors de votre trajet en bus, aussi court soit-il. Agé de moins de 35 ans, les parures de cuir ou de léopard sont tout à fait acceptables et portées d’ailleurs couramment.

Les Bolonais font tout aussi attention à la nourriture qu’à leur habillement. Ne demandez jamais de fromage avec un plat contenant du poisson et surtout pas de la sauce bolognaise. Honte à vous, elle s’appelle ici du ragù. La ville est en outre particulièrement célèbre pour ses tortellinis, tout droit venus des dieux. La légende raconte que Mars, Bacchus et Vénus passaient la nuit dans une auberge à Castelfranco où ils étaient venus s’interposer entre deux familles rivales de Bologne. L’aubergiste leur souhaita bonne nuit mais ne put résister à l’envie d’aller épier Vénus par le trou de la serrure de sa chambre. Son insolence fut punie. Frappé par la vision de son divin nombril, il fut condamné à recréer désespérément cette image dans la pâte jusqu’à la fin de ses jours.

Quel café boire ?

Bologne est une ville universitaire qui abrite le plus ancien campus d’Europe. Les étudiants et les jeunes en général sont néanmoins loin de trinquer à leur succès aux examens comme les Européens du nord. Ils prennent plutôt leur voiture ou leur motocyclette pour aller déguster un café ou une glace. Ne passez pas pour le touriste en buvant un cappuccino après 11 h du matin. Les Bolonais trouvent cela complétement fou car un cappuccino se doit d’être onctueux pour compléter la brioche du matin. L’espresso serré et noir a été inventé pour être bu après le repas ou pour servir de remontant caféiné rapide. Voilà pourquoi les autochtones les boivent debout au comptoir, comme des shots de vodka.

A propos d’alcool, c’est aux alentours de 18 h, quand l’université est déserte et que les gens commencent à quitter leur travail que les amis se retrouvent dans des bars ou des cafés pour l’apéritif. Les meilleurs bistrots servent du Prosecco, du champagne italien et des amuse-gueules pour environ 3 euros par client. Le plus ancien bistrot est « l’Osteria del Sole ». Le patron peut vous jeter dehors si votre tête ne lui revient pas mais vous pourrez y consommer votre propre nourriture. Alors qu’autrefois les Italiens n’auraient jamais pensé à boire sans manger, dorénavant, enquiller des pintes de bière dans l’un des huit pubs irlandais de la ville est devenu « molto cool ». En rentrant d’une virée nocturne, les embouteillages sur le périphérique principal de Bologne à deux heures du matin ne sont pas rares car c’est l’heure où les gens quittent les boîtes pour se diriger vers les cafés ouverts tard la nuit et autres gelateria - glaciers -. Autre spécialité de Bologne, la glace fraîchement faite, sorbet ou crème glacée, fera sans aucun doute partie de votre quotidien.

Que vous alliez à Bologne en vue d’étudier ou de travailler, il y a une chose que vous devez absolument prendre le temps de faire : vous asseoir sur la Piazza Maggiore. Le jour, vous pouvez voir un homme aux cheveux longs, entièrement vêtu de cuir, gratter sa guitare électrique. Fashion addicts et mendiants sillonnent tous la place à bicyclette. La comédie humaine est fascinante. Les soirs d’été, de grands écrans diffusent gratuitement des films en noir et blanc. Lors du Nouvel An, la place accueille des danseurs, chanteurs, acrobates, des ballons gonflables géants et un feu d’artifice. Les autres nuits, les serveurs jouent au football une fois leurs bars fermés. Sur cette piazza, j’ai dormi, bu des Mojitos, mangé des châtaignes et tout simplement profité de cet endroit spécial. Je l’adore. J’espère que vous l’aimerez aussi.

CARNET PRATIQUE

Langue

Cultura Italiana propose de bonnes leçons linguistiques au centre-ville. La ville offre des cours d’italien à prix réduit, mais il faut vous rendre en personne à l’ISI, Instituzione dei Servizi per l’immigrazione (tel: + 39 (0)51 233 338) pour en organiser le déroulement.

Universités

L’Université de Bologne est la plus vieille d’Europe et détient une grande influence sur la ville. Plusieurs départements gèrent des musées ouverts au public sur demande et cela vaut le détour de pénétrer les murs de ces fabuleux bâtiments.

L’université Johns Hopkins et le British Council sont d’autres lieux donnant accès à des journaux gratuits. Deux bons endroits pour rencontrer d’autres étrangers.

Un lieu original

La Villa Serena est une villa de trois étages aux abords de la ville avec au premier étage des expositions d’art et des projections de films, des groupes liveau sous-sol ; au rez-de-chaussée des DJs, une piste de danse, des tables et chaises se répandant jusqu’au bois alentour. Elle ouvre en début de soirée, jusque tard dans la nuit.

A faire

Si vous avez été ensorcelé par l’air vif de la montagne, pourquoi ne pas louer un cochon et essayer de dénicher un peu d’or noir vous-même ? Appelez au + 39 (0)721 796 741 ou envoyez un email à sorsaurao@tin.it pour plus de détails sur la recherche de truffes.

Ne pas faire

Foncer tout droit sur un poste de professeur dans une école privée. Il y a plus de 30 écoles privées de langue à Bologne et autour mais la concurrence est rude. Peut-être les plus petites seraient prêtes à vous prendre mais vous paieront-elles ce qu’elles vous ont promis ?

Logement

Le Bussola/ Centro Erasmus peut vous aider à trouver une colocation ou une chambre dans une famille. Il est situé Via Zamboni, 16. erasmus@alma.unibo.it. Tel: + 39 (0)51 229 264.