Bois-construction : les clés de la performance d’une filière européenne

Article publié le 7 novembre 2017
Article publié le 7 novembre 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Avantages environnementaux, respect des normes énergétiques, architectures esthétiques voire exotiques… les qualités de ce matériau naturel font consensus. Le bois revient à la mode et a désormais, chez les architectes, le vent en poupe. Pourtant, les bienfaits des constructions en bois vont bien au-delà de ce qu’imagine le public, encore trop peu informé de ses nombreuses vertus.

Le retour en force du bois

Si les constructions en bois existent depuis que les premiers hommes ont abandonné les grottes, les professionnels du bâtiment ont longtemps cru que la modernité devait faire abstraction de ce matériau tombé en désuétude. D’ailleurs les années d’après-guerre ont été marquées par l’utilisation quasi-inconditionnelle d’autres matériaux, privilégiés au nom de deux critères bien spécifiques et inhérents à l’urgence de cette époque : faible coût et rapidité de construction. Aujourd’hui, les exigences de développement durable, confortées par les immenses progrès pour parfaire l’isolation des constructions en bois, ont fini de convaincre les derniers récalcitrants. En effet, au prix de quelques ajustements chimiques, comme les fongicides et insecticides, le bois conserve indéfiniment toutes ses qualités naturelles, très appréciées dans les bâtiments.

De toute évidence, le bois a retrouvé ses lettres de noblesse. Que ce soit pour la construction d’immeubles, d’équipements publics ou de maisons individuelles, de plus en plus de projets se développent sur l’ensemble du territoire. Ils peuvent compter sur l’important soutien, notamment financier, des pouvoirs publics, qui permet à cette filière essentielle pour l’avenir de répondre à une demande qui ne risque pas de diminuer.

L’engagement de l’Etat aux côtés d’une filière en devenir

Afin d’offrir des bâtiments publics de haute qualité environnementale et favoriser la construction de maisons privées en bois, les pouvoirs publics ont décidé de soutenir la filière à hauteur de centaines de millions d’euros. Aux dires du ministre de l’époque Stéphane Le Foll, cette générosité publique a pour objet de « servir d’effet levier pour atteindre, avec les autres co-financeurs : Europe, régions, fond privés, BPI (Banques Publiques d’investissement) BEI (Banque Européennes d’Investissement), l’objectif des 100 millions d’euros [soit 3 fois le montant des subventions publiques accordées aux associations françaises] d’investissement nécessaires afin de moderniser la filière d’amont en aval (1) ».

De plus, pour la décennie (2016-2026), le « programme national de la forêt et du bois », regroupant l’ensemble des aides apporté à la filière, a été revu et augmenté. Voté le 13 octobre 2014, puis ratifié en février 2017 par décret par Stéphane Le Foll, le programme prévoit de soutenir le développement de commandes publiques en « favorisant le réflexe de prescription du bois (2) ». De cette manière, 12 millions de mètres cubes supplémentaires devront être prélevés dans les forêts à l’horizon 2026. Il était temps, l’offre peine à suivre la demande ! Pour autant, pas question de déboiser en France : le bois va devoir venir d’ailleurs.

Préserver la forêt française

En ce qui concerne les forêts françaises, d’après l’inventaire forestier national, 54% sont déjà exploitées et 30% sont non exploitables. Les ressources naturelles de l’Hexagone ne seront donc pas suffisantes pour satisfaire la demande publique et privée. Peu importe, pour y répondre convenablement, les industries du bois importent de l’étranger le bois nécessaire, sans conséquence, ou presque, pour la forêt nationale, et se concentrent sur les activités de transformation du bois.

La filière bois peut compter sur une autre caractéristique trop peu mise en avant du bois dans ce contexte : le bois est un puit de carbone, il piège le CO2 lors de sa croissance. Donc, quelle que soit son origine, le bois permet de lutter contre le réchauffement climatique. C’est pourquoi il n’est pas surprenant de voir en France du bois venu des quatre coins du monde, dans les magasins de grande distribution. Moins cher que le bois français, il permet la compétitivité de la filière et donc sa pérennité. Celui utilisé pour les cabanes de jardin provient, par exemple, de pays comme la Scandinavie, la Finlande ou encore la Russie, pays disposant de forêts au label PEFC. Le gouvernement français veille par ailleurs à « assurer une gestion durable (3) » des forêts, y compris dans le cas des importations. En la matière il convient de souligner que, si des ONG comme WWF peuvent alerter sur les 13 millions d’hectares de forêt qui disparaissent chaque année, ces derniers sont concentrés dans des pays qui ne respectent pas les normes de gestion durable des forêts, voire organisent des trafics de bois. Ces bois ne se retrouvent bien évidemment pas en France.

Tout semble donc véritablement pensé pour permettre un véritable essor de la filière bois et favoriser la construction de bâtiments durables à l’esthétisme chic et tendance. Pour la première fois, il semble bien possible de bâtir, sans peine, des infrastructures en alliant protection de l’environnement, confort et élégance. Il serait dommage de s’en priver et de ne pas saluer le volontarisme de l’Etat en la matière.

1) https://www.actu-environnement.com/ae/news/programme-national-foret-bois-2016-2026-28438.php4

2) http://www.fncofor.fr/fonds-strategique-foret-bois-ministre-annonce-moyens-supplementaires-4_2841.php

3) https://www.actu-environnement.com/ae/news/programme-national-foret-bois-2016-2026-28438.php4