Bienvenue Lara, nouvelle éditrice anglaise de cafébabel

Article publié le 16 mai 2017
Article publié le 16 mai 2017

On peut, semble-t-il, enlever cette fille de cafébabel mais il est bien impossible d'enlever cafébabel à cette fille. Lara Lise Bullens, moitié-suisse moitié-néerlandaise, a effectué un stage de deux mois dans nos bureaux parisiens fin 2016. Et elle est maintenant de retour, prête à passer les 10 prochains mois en tant que rédactrice en chef de la version anglaise.

cafébabel : Est-ce que tes deux mois avec nous pendant l’hiver t’ont plu ?

Lara : Il a fait froid ! (rires) Mais c’était super ! En fait, si cela n’avait pas été une bonne expérience je ne serais pas revenue.

cafébabel : Qu’est ce qui t’as donné envie de revenir ?

Lara : Je voulais poursuivre un chapitre qui ne me semblait pas terminé. J’avais le sentiment que je n’en avais pas encore fini ici.

cafébabel : Qu’est-ce que tu as fait entre-temps ?

Lara: Je suis allée à la maison dans mes deux pays respectifs (la Suisse et les Pays-Bas) pour Noël et le Nouvel An afin de voir ma famille, et quand je suis rentrée, j’ai envoyé des candidatures à droite à gauche, je me suis rendue à des entretiens. J’ai aidé des amis qui travaillent pour le projet Are We Europe, révisé des textes et trouvé des contributeurs et j’ai écrit pour eux. J’ai aussi travaillé dans un restaurant. Juste une vie toute simple et tranquille pendant quelques mois.

cafébabel : Si on te demande comment tu trouves Paris maintenant, ta réponse est-elle toujours «  C’est super, ça sent le pipi ! » ?

Lara : Absolument ! C’est super même si ça sent le pipi, et je dois ajouter : c’est super même si quand tu pédales derrière un bus, tu dois te laver à chaque fois que tu descends de ton vélo à cause de la pollution.

cafébabel : La dernière fois que l'on s’est parlé, tu lisais un livre intitulé Et Nietzsche a pleuré. Qu’est ce que tu lis maintenant ?

Lara : Je lis La Servante écarlate de Margaret Atwood. Je me suis dit que j’avais envie de commencer à lire plus de livres écrits par des femmes. Je me retrouvais, simplement par habitude, à collectionner une cargaison de classiques, écrits par des hommes blancs, et je voulais commencer à lire des livres écrits par des personnes différentes et voir ainsi le monde à travers leurs yeux. C’est un livre fascinant, c’est absolument terrifiant - ça m’a donné des cauchemars ! – mais jusqu’à présent, c’est génial.

cafébabel : Et Dieu merci ce n’est plus d’actualité maintenant.

Lara : C’est dans l’air du temps de lire un roman dystopique comme celui-ci, en particulier un roman féministe.

cafébabel : Il y a des raisons de penser que nous vivons actuellement dans une dystopie : le Brexit, Donald Trump, et aussi Marine Le Pen qui obtient le double des voix récoltées par son père 15 ans plus tôt. Comment fais-tu pour rester optimiste ?

Lara : Je me dis qu’un certain nombre de personnes ont cette habitude de se positionner en réactionnaires. C’est une habitude malsaine, mais cela peut aussi être une bonne chose, car cela signifie qu’il va y avoir beaucoup de réactions de rejet envers cette montée des mouvements populistes et nationalistes d’extrême-droite. Il y a beaucoup plus d’initiatives maintenant qui émergent, et cela me donne énormément d’espoir. Lorsqu’il se passe quelque chose, tu vas dans les rues de Paris et il y a des gens qui font entendre leurs voix, et ça, c’est rassurant.

cafébabel : Qu’est ce que tu espères de ces 10 prochains mois ici ?

Lara : Ce qui est vraiment super, c’est qu’il y a eu beaucoup changements dans l’association et dans le magazine. On a un nouveau patron maintenant, cela modifie la dynamique, il y a aussi des évolutions qui se profilent pour le site web et une nouvelle ligne éditoriale. Il est désormais question du long-format, de journalisme de grande qualité, et je veux en faire partie.

Je me réjouis de considérer et concrétiser toutes ces idées que j’ai depuis des mois, et également d’avoir un travail qui me laisse le temps de le faire. Je vais à Lyon à la fin du mois de mai pour assister à l’European Lab. J’ai simplement demandé lors de mon premier jour si je pouvais y participer, et ils ont immédiatement répondu oui. Il y a vraiment beaucoup d’espace pour la créativité ici et ce n’est pas le cas dans d’autres magazines.