Bienvenue Lara, notre nouvelle stagiaire éditoriale !

Article publié le 7 novembre 2016
Article publié le 7 novembre 2016

Elle a voyagé partout et se retrouve un peu embêtée quand il s'agit d'expliquer où elle vient. Un peu de la Suisse, un peu des Pays-Bas, un peu de la France aussi... Bref, cafébabel, c'était le destin de Lara. Explication du chemin qui l'a menée jusqu'à nous.

cafébabel : En temps normal, cette question est simple, mais pour toi, elle est relativement compliquée : d'où viens-tu ?

La grande question ! Je suis née à Genève - mon père est néerlandais, ma mère vient des régions française et italienne de la Suisse. Lorsque que j'étais très jeune, j'ai déménagé en Suisse allemande et bien que j'y aie passé la majeure partie de ma vie, j'ai suivi mes études dans une école anglophone. À 18 ans, j'ai emménagé à Amsterdam. Pour résumer, je suis suisse-néerlandaise. En tout cas, c'est ce qui figure sur mon passeport !

cafébabel : Qu'est-ce qui t'a donné envie de devenir journaliste ?

Je pense que j'ai toujours été fascinée par le métier. Mais le déclic s'est fait lors de mon stage à Montréal , où je traduisais pour une agence de voyage. À l'époque, j'avais 16 ans et je savais que je voulais étudier le journalisme. Une dame au bureau connaissait quelqu'un qui travaillait dans l'un des plus gros journaux de Montréal, elle m'a proposé de visiter les locaux. Nous nous sommes alors retrouvées dans les bureaux de ce gigantesque immeuble (ce qui est peu commun en Suisse), elle m'a emmenée dans la salle des archives et m'a tendu un magazine satirique qui se moquait des magazines féminins. Sur la couverture, on pouvait y voir une fille sans oreilles qui déclarait que la nouvelle tendance du moment était de se les faire retirer chirurgicalement. J'ai trouvé ça très intelligent. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que le journalisme était beaucoup plus complexe que le simple fait de transmettre les informations.

cafébabel : Comment es-tu arrivée à Paris ?

Ça faisait longtemps que je voulais vivre dans une ville francophone, et j'avais dans la tête une image très romantisée de l'artiste affamé vivant à  Paris. J'y ai alors trouvé le Master parfait en journalisme et ai envoyé ma candidature. Je n'ai pas été acceptée, mais j'ai tout de même décidé d'emménager à Paris car je voulais vivre dans une ville avec plus de caractère et de personnalité. Après cinq ans à Amsterdam , la ville m'est apparue petite et Paris me semblait gigantesque.

cafébabel : Qu'est-ce que tu en penses pour le moment ?

Je dis toujours aux gens : « J'adore Paris, c'est génial, ça sent la pisse : PAR-FAIT ! » Les gens commencent à rigoler et disent : « Ça a l'air horrible », mais à mes yeux, c'est cet aspect désorganisé et chaotique qui rend Paris si attachante. J'ai vécu toute ma vie en Suisse, où tout est organisé et très propre, mais c'est une société monoculturelle. C'est effrayant de voyager et de se dire : « Ah oui, j'ai vraiment grandi dans une bulle ». Paris, c'est l'antithèse de mon enfance. 

cafébabel : Qu'est-ce que cafébabel et toi avez en commun ?

J'aime leur approche différente du journalisme - le fait qu'il soit participatif - et je pense que le journalisme peut être fait pour tout le monde, dès lors que vous avez la possibilité de vous exprimer. J'accorde beaucoup d'importance à cette capacité à s'ouvrir au monde. Mais aussi au fait qu'ici, tout le monde a des bagages et un parcours insolites, et personne ne sait vraiment d'où il vient !

cafébabel : Raconte-nous l'anecdote la plus invraisemblable qui te soit arrivée.

Je voyageais en Amérique du Sud avec mon copain de l'époque et nous allions prendre un ferry pendant trois jours pour remonter l'Amazone, mais il est tombé très malade. Pourtant après la première nuit, nous n'étions toujours pas partis. J'ai demandé au capitaine, qui nous a dit « demain, demain, » et nous nous sommes retrouvés à passer deux nuits sur un ferry qui ne bougeait pas, avec mon copain souffrant qui ne s'arrêtait pas de vomir. Il s'est aussi fait draguer par le chef du bateau, qui s'avérait être une drag queen. Elle lui a proposé un chewing-gum après qu'il a vomi et elle lui a ensuite proposé une fellation !

cafébabel : Où est-ce qu'on te trouve le vendredi soir ?

C'est une réponse barbante, mais probablement en train de boire un verre avec des amis... Plutôt banal.

cafébabel : Quel est ton livre de chevet en ce moment ?

J'ai un lit mezzanine, donc il me faudrait une table de chevet super haute ! Je lis un livre de Irvin D. Yalom qui s'intitule Et Nietzsche a pleuré. En gros, ça parle de sa relation avec la psychothérapie. Ce n'est qu'à moitié un roman et c'est parfois quelque peu chaotique, comme l'était l'esprit de Nietzsche. 

cafébabel : Quel est le film que tu préfères par-dessus tout ?

Je pense que ça doit être Kill Bill : Volume 2, mais les deux volumes sont remarquables.

cafébabel : Qu'est-ce que tu espères tirer de tes deux mois ici ?

C'est court, n'est-ce pas ? Ce que j'espère vraiment c'est obtenir de l'expérience dans un magazine et d'être entourée par des personnes ouvertes ayant l'envie d'aider les autres et de partager leurs idées. J'ai envie d'être publiée et d'en apprendre plus sur le rôle d'éditeur dans un magazine.

cafébabel : Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Je travaille avec mon ami Nathaniel, qui est un photojournaliste, sur un article qui parle des lieux de sépulture à Calais et ses environs. On vient juste d'y passer un week-end à rencontrer des personnes très intéressantes, un homme en particulier, qui possède un funérarium là-bas, et qui s'occupe d'enterrer des réfugiés. C'est très important de savoir ce qu'il restera de la Jungle de Calais une fois qu'elle sera complètement abandonnée et comment on se rappellera de la crise des réfugiés en tant que Communauté européenne.