Bibliothèque Europeana : « Nous avons compris le message » réagit Mme Redding

Article publié le 9 décembre 2008
Article publié le 9 décembre 2008
Propos recueillis par Véronique Le Guen 20 novembre dernier : la bibliothèque européenne en ligne, Europeana, était lancée à grands renforts de communication. Google recherche de livres n'aurait plus le leadership de la consultation d'ouvrages numérisés. Mais voilà, victime de son succès, la bibliothèque « made in Europe » a dû fermer dès le soir de sa mise en ligne.
Viviane Redding, commissaire responsable de la société de l'information et des médias, est revenu sur ce loupé lors d’une rencontre de la Commission mixte Parlement Européen – Parlement nationaux de l’UE, lundi 8 décembre, au Parlement à Bruxelles. Verbatim.

" Lorsque j’ai lancé l’idée d’une bibliothèque européenne en ligne, les gens se demandaient : Pourquoi faire une autre bibliothèque alors que Google a déjà pris une grande avance ? Pourquoi ne pas intégrer simplement notre bibliothèque européenne au projet américain ?

Et bien, notre bibliothèque est très différente de celle de Google. Google recherche de livres n’est qu’un moteur de recherche, assez aléatoire par ailleurs. Notre bibliothèque amène l’internaute dans une maison ordonnée bâtie par 1 000 centres culturels européens : des bibliothèques, des archives, des musées.

Par exemple, si l’on s’intéresse à Chopin, on pourra écouter les premiers enregistrements du compositeur, voir une de ses partitions personnelles, apprendre les chemins de ses voyages à travers l’Europe, lire ses lettres d’amour, voir les artistes qu’ils l’ont influencé, ceux qu’il a ensuite influencés… Tout cela analysé par nos experts culturels.

10 millions d’œuvres en 2010

EUROPEANA2Pour commencer nous avons mis 3 millions d’œuvres on-line. En une heure, 20 millions de personnes ont voulu y accéder. Ca s’est écroulé car les experts informaticiens avaient prédit 2 à 3 millions de visiteurs par heure, maximum. Nous l’avions construit pour 5 millions, en pensant avoir vu large. Nous avons compris le message. Les citoyens ont besoin d’avoir accès à nos œuvres, souvent cachées. La bibliothèque sera accessible très bientôt. En 2009, le Codex Sinaiticus, une Bible ( la plus ancienne connue au Monde, écrite en grecque entre le 1er et le 4ème siècle après J.C., ndrl ) composée de 350 pages dont quelques unes sont à Londres, d’autres à Saint-Pétersbourg, d’autres en Allemagne, et les dernières en Egypte, sera rassemblée sur Europeana dans son intégralité. En 2010, plus de 10 millions d’œuvres seront accessibles. Mais cela ne représentera encore que 1% de notre richesse culturelle ! C’est donc à vous, les Etats membres, de numériser les œuvres, car elles nous appartiennent à tous. "