Besancenot l'Européen !

Article publié le 30 août 2008
Publié par la communauté
Article publié le 30 août 2008
A la question de l'ouverture totale du marché postal à la concurrence d'ici 2011, prévue par une directive européenne, Besancenot répond : " Une directive européenne ne vient pas dans le dos des gouvernements ! Elle a été adoptée sur la base d'un mandat donné par une réunion du Conseil des ministres européen.
C'est donc bien les gouvernements nationaux, y compris le nôtre, de gauche soi-disant, qui ont, à l'époque, mandaté la Commission pour libéraliser La Poste"

Surprise !

Pour Besancenot,les états (dont la France), ne sont donc pas des "victimes" de "l'Europe de Bruxelles" chère à Devilliers.

Le Leader de la Ligue communiste révolutionnaire rappelle une évidence trop souvent occultée : l'europe, c'est aussi la France, et elle participe pleinement de toutes les décisions, qui se font a la majorité qualifié ou le plus souvent de forme consensuelle.

On aurait donc tord de mettre besancenot dans le meme sac que d'autre nonistiens "de gauche", car contrairement à la plupart, il refuse la victimisation et la théorie du complot , se résumant à la formule habituelle de "l'europe nous oblige à...".

En cela le Leader de la LCR apparait radicalement opposé a un Le Pen, mais aussi à un à Schivardi, un Chevenement, ou tout autre nostalgique de l'état-nation bleu-blanc-rouge.

Il le dit clairement: l'europe n'est pas le problème, c'est ce que nous en faisons ( à travers les représentants de notre gouvernement) qui en est un. Il rappelle aussi implicitement que le système actuel fait la part belle aux états...contrairement à un système fédéral ou c'est le parlement européen - les citoyens - qui décideraient, et qu'il y a donc clairement un manque d'Europe.

Vous croyez que je fait parler Besançenot à tord et à travers ?

Détrompez vous. eurocommuniste.jpg

Le charismatique postier continue un peu plus loin :" Ce qu'un gouvernement demande de faire, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas revenir dessus ensuite. On ne sortirait pas de l'Europe pour autant, d'autant plus qu'il y a une alternative pour un service public européen : on pourrait imaginer une coopération immédiate de tous les opérateurs publics pour faire un premier pas vers un service public postal européen."

Cela n'a l'air de rien mais c'est proprement "révolutionnaire".

Le leader de la ligue communiste (révolutionnaire, pour le coup ) est ici définitivement éloigné d'une "rupture" avec l'UE comme le préconisent d'autres extrêmes,

Car non seulement il réaffirme que la france n'est pas une "victime contrainte par l'europe", mais il va plus loin, en proposant de faire de la "politique européenne'' , clairement supranationale, au lieu de souhaiter un retour en arrière.

Hélas, cette illumination est peut être un peu tardive.

La notion de service public européen était prévue noir sur blanc dans la défunte constitution Européenne.

Trop tard.

Références :

Le point.fr 28 aout 2008

ARTICLE II-96 de la constitution Européenne notamment :

''Accès aux services d'intérêt économique général.

L'Union reconnaît et respecte l'accès aux services d'intérêt économique général tel qu'il est prévu par les législations et pratiques nationales, conformément à la Constitution, afin de promouvoir la cohésion sociale et territoriale de l'Union.''