Berlusconi condamné en dernière instance

Article publié le 2 août 2013
Article publié le 2 août 2013

La Cour de cassation a confirmé jeudi la condamnation de Silvio Berlusconi pour fraude fiscale. C'est la première condamnation définitive de l'ex-Premier ministre italien, qui a réchappé jusque-là à des dizaines de procès. La justice renverse enfin le Berlusconisme, se réjouissent certains commentateurs. D'autres déplorent que la politique n'ait pas été en mesure de s'en débarrasser.

La Repubblica : Fin de course pour le Cavaliere; France

La condamnation de Berlusconi met fin à la fable de l'entrepreneur miracle, et ce n'est pas trop tôt, se réjouit le quotidien de centre-gauche La Repubblica : "Le verdict est définitif, le crime avéré. Le monde entier sait désormais que Berlusconi a escroqué le fisc, son entreprise, les autres actionnaires et le marché pour déposer à l'étranger une manne d'argent sale, qui lui a servi par la suite à manipuler un autre marché, celui de la politique, infiniment précaire. Il ne reste rien de cette histoire titanesque et déformée par la démesure populiste et les aberrations économiques. Mais le verdict de la Cour de cassation anéantit surtout la conception antilibérale et peu occidentale de la droite, élaborée et théorisée comme le territoire d'abus et d'outrances légitimés par le charisme du leader. Un leader par définition tellement 'innocent' qu'il se soustrait à tout contrôle de la légitimité et de la légalité." (02.08.2013)  

Die Welt : L'avenir de l'Europe se joue en Italie, Allemagne

Après plusieurs procès non aboutis, Berlusconi a été condamné pour la première fois en dernière instance. La justice s'est opposée à l'ancien Premier ministre, mais l'incapacité de la politique à s'en débarrasser pèse sur l'Europe entière, déplore le quotidien conservateur Die Welt : "Berlusconi est Berlusconi : un parieur qui se fiche royalement de la raison d'Etat. ... Mais il existe en Italie une opposition de gauche, le 'parti démocrate', qui s'élève contre Berlusconi, soutenu par quasiment tous les intellectuels italiens : avec fracas, mais sans succès. Voilà la véritable misère de l'Italie. Quel est ce pays, au bord du gouffre, et pourtant incapable de se débarrasser politiquement d'un imposteur égomaniaque comme Berlusconi ? En Italie, où a été lancée l'Europe unie en 1957 avec le Traité de Rome, se joue l'avenir de l'Europe. L'intégration européenne est une bénédiction, mais elle risque de se transformer en malédiction. Depuis longtemps, l'Italie s'efforce de le prouver."(02.08.2013)  

Hospodářské noviny : La peur d'une nouvelle instabilité; Répunlique tchèque

Aussi remarquable que soit la condamnation par la justice italienne de l'homme le plus puissant du pays, mieux vaut ne pas penser aux conséquences politiques et économiques du verdict, s'inquiète le quotidien économique libéral Hospodářské noviny : "Le condamné est le chef d'un des deux principaux partis du pays, lesquels gouvernent de surcroît ensemble en ce moment. L'Italie devra voir dans quelle mesure le pays sera capable d'amortir les conséquences politiques voire économiques de ce jugement, et si de nouvelles élections s'imposent. L'Italie a connu des dizaines de scrutins depuis la fin de la guerre, ce n'est donc pas un phénomène anormal. Mais il reste le souvenir de l'année dernière. La crise financière et la crise de la dette dans la zone euro menaçait déjà à l'époque la quatrième économie du continent. La sentence de Rome comporte donc aussi le spectre d'un retour de l'instabilité."

Le Figaro : Le premier revers de Berlusconi; France

Berlusconi vient de connaître son premier revers, relève le quotidien conservateur Le Figaro : "Un revers, une défaite. Il avait jusqu'ici réussi à échapper aux griffes de la justice. Qu'on le veuille ou pas, l'homme est un phénomène comme on le dirait d'un sportif. Qui reste populaire dans son pays même si son étoile a quelque peu pâli ces dernières années. Ni des sorties tonitruantes ni les frasques de sa vie intime n'ont remis en question sa légitimité. Les critiques régulières de ses partenaires européens, Angela Merkel en tête, n'ont pas plus atteint sa crédibilité chez lui. Le bilan de son action est pourtant modeste. Mais il convient aussi de reconnaître que, dans l'imbroglio transalpin, personne n'a fait mieux que lui."

(02.08.2013)