Berlusconi compte sur Lufthansa pour sauver Alitalia

Article publié le 19 septembre 2008
Article publié le 19 septembre 2008
Le premier ministre italien se déclare favorable à l'alliance entre Alitalia, au bord de la faillite, et la compagnie allemande Lufthansa, six mois après avoir provoqué l’échec d’une opération similaire, initiée par Air France-KLM.

Pour Berlusconi, le problème d'Alitalia ne vient pas de la saturation du marché, ni de la crise actuelle des matières premières. Elle s'explique plutôt par les coûts salariaux élevés du personnel de la compagnie, représenté par 9 syndicats. C’est pourquoi Berlusconi met la pression sur les syndicats, passé le délai pour la signature d'un accord de sauvetage.

Profitant de la position de force de Lufthansa depuis l’annonce de ses acquisitions, Berlusconi tente d'effrayer les syndicats. Ceux-ci s'opposent à la dénationalisation d’Alitalia et aux mesures d’assainissements proposés par le consortium de 18 entrepreneurs, tous italiens, qui souhaitent s’approprier les pans rentables de l’activité de la compagnie nationale italienne. Parmi ces mesures, le licenciement de 3200 employés, et des baisses salariales significatives.

Manœuvre habile de diversion, à l’heure ou la fièvre des concentrations rend probable le contrôle étranger d’Alitalia. British Airways et Iberia annoncent leur fusion, Lufthansa négocie son maintien avec Scandinavian Airlines System (SAS) après s’être approprié la belge Sabena et l’helvétique Swissair, Air France-KLM consolide sa position de premier groupe européen. À la clé, un effet immédiat sur les syndicats, qui proposent de conserver le niveau des salaires, tout en travaillant plus. L’ambiance est vive, et tout se décide le 18 septembre.