Belinda

Article publié le 19 février 2017
Article publié le 19 février 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le fim documentaire suit une jeune fille qui grandit dans un contexte difficile - élevée en foyer, sans formation, sans ressources et sans perspectives - pour finalement ne jamais vraiment en sortir. De Marie Dumora, France, 2017. Présenté au Festival du film de la Berlinale dans la catégorie : Panorama Documents

Belinda c'est l'histoire de l'echec évident de l'intégration sociale d'une famille en Alsace, d'une communauté , les Yenisches – une ethnie nomade notamment en Europe centrale et marquée par la discrimination socio-économique à travers les époques.

Quand Belinda commence à être accompagnée par la caméra de Marie Dumora, elle a neuf ans. A cet âge tout est encore possible, du moins, c'est ce que le spectateur lui souhaite, à elle et à sa soeur, Sabrina, de deux ans son ainée. Deux gamines, sympathiques et qui ont bon coeur, qui s'accrochent l'une à l'autre parce qu'elle n'ont rien d'autre. Elles grandissent en foyer, puisque leur mère n'est pas en mesure d'assurer leur éducation, mais elles s'accordent à dire que c'est mieux comme ca. C'est aussi l'avis de Monsieur Gersheim, un éducateur qui suit la famille au long du film et des années, surtout présent à travers des appels téléphoniques.

On revoit les deux soeurs à l'adolescence, entourée de leur famille, de beaucoup d'enfants en bas-âges, de filles-mères, et de quelques jeunes hommes, puisque les plus vieux sont pour beaucoup en prison. „La famille c'est le plus important“ pour Belinda et son grand coeur, ce pour quoi elle préfère aider sa mère et la ribambelle d'enfants plutôt que de commencer une carrière en méchanique, comme Monsieur Gersheim et le bon sens le voudraient. Pourtant la tête sur les épaules et le sens des responsabilités, elle semble tenir la famille ensemble. C'est elle qui appelle son père en prison, organise les visites au parloir, est la marraine du premier enfant de sa soeur de 17 ans. 

Elle même rencontre l'amour avec Thierry, yenische lui-aussi, et comme tant de frères et de parents de Belinda : en prison. Il est rarement question des crimes qui les mettent à l'ombre, comme une évidence, une fatalité qui n'est même pas la peine d'essayer de déjouer. Belinda aussi y fera un passage, après une mauvaise action visant à renflouer les caisses pour son mariage avec Thierry. Le mariage qui aurait dû être le plus beau jour de la vie Belinda – ne serait-ce que parce qu'il fait sens – se fera au parloir, sans photos, sans témoins. A 11h30 elle peut retourner s'occuper de son père, fumer avec lui la enième cigarette, puis la suivante, comme si, ensemble, dans cette communauté de misère et avec chaque cigarette un peu plus, ils laissaient se consumer leur vies lentement devant eux en en restant les spectateurs impuissants.

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