Bec et ongles

Article publié le 31 mai 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Jusqu'où irez-vous pour défendre vos idées ? Votre ardeur sera fonction de votre langue. Un syndicat allemand n'hésitera pas à s'arracher « peau et cheveux » (« Haut und Haaren ») pour défendre l'emploi. Les Britanniques ne voudront sacrifier ni leur épiderme ni leurs attributs capillaires, mais batailleront « dents et ongles » (« tooth and nail ») en vue de conserver leur chère livre sterling. Dans l’Hexagone, on combat « bec et ongles » pour protéger les producteurs viticoles des assauts des multinationales. Les Espagnols, apparemment dotés d'une résistance à la douleur hors norme, livreront combat « brazo partido », avec un « bras cassé » ! Certains vont encore plus loin. Les Polonais guerroient « jusqu'au dernier souffle » (« walczy do ostatniego tchu »), tandis que les fiers Italiens et Hongrois défendront leur honneur « jusqu'à la dernière goutte de sang» (« all'ultimo sangue et utolsó vérig »). Les Anglais, à la politesse légendaire, laisseront l'hémoglobine de côté, se contentant de lutter « jusqu'au bout » (« until the bitter end »).