Barcelone, Göteborg, Berlin

Article publié le 7 mai 2008
Article publié le 7 mai 2008
Lonely Karen Drifter est une chanteuse de folk alternatif. Elle compose une musique pure et belle, utilisant seulement une guitare, une belle voix et, surtout, beaucoup de sentiments. L’autre jour, j’écoutais l’une de ses interviews à la radio.
Dans cet entretien, ce qui a attiré mon attention, plus que la musique elle-même (bien que très jolie), a été ce qui suit : la chanteuse expliquait l’influence de sa vie sur sa musique. En particulier les villes où elle a vécu : Göteborg et Barcelone. « la Suède et la Catalogne ? », vous allez vous demander. Deux pays si contraires peuvent-ils intéresser la même personne ? Mais oui ! Je le dis si catégoriquement parce que moi, j’ai vécu aussi dans ces deux pays. De manière volontaire, évidemment. La Suède et la Catalogne sont deux pays très différents, mais c’est justement pour cela qu’ils sont si complémentaires. Tranquillité, organisation et beaucoup d’espace pour le pays nordique ; mouvement, chaos et rues étroites pleines de monde dans l’une des régions les plus nordiques d’Espagne. Ou l’une des plus méridionales d’Europe, si l’on le voit depuis une perspective continentale.

La vie, ce n’est pas choisir une option ou une autre (cela serait très ennuyeux) mais c’est, surtout, vivre tout : passer des moments tranquilles et pleins d’action, des moments seul et en groupe, des moments structurés et d’autres chaotiques. Ne serait-il pas parfait de passer une demi-année (à cause du temps, bien sûr, autre différence importante !) à Barcelone (l’hiver) et l’autre moitié (pendant l’été) en Suède ? Ça oui, à cause de l’argent, ce n’est pas si facile de le faire…

Cependant, j’ai décidé de vivre à Berlin. Un lieu parfait : au centre de l'Europe, entre le Nord et le Sud, avec des endroits tranquilles et pleins de vie, organisation et chaos… Une ville aussi diverse que la vie. Depuis mon appartement, même si j’ai les fenêtres ouvertes, je n’entends aucune voiture. Désormais, à cinq minutes de chez moi, on peut trouver nombreux bars, cafeterias, de la vie dans la rue, etc. La vie quotidienne est bien organisée, avec un réseau de transport public étendu et sérieux, qui peut te mener à explorer le chaos de la ville quand tu le veux. L’extraordinaire dynamisme urbain, les quartiers industriels caducs depuis la chute du mur de Berlin, des bars nommés clubs « privés » parce que c’est le client qui décide du prix des boissons… De temps en temps, ce réseau de transport public, si bien organisé, produit lui-même un peu de chaos, —comme en ce moment : depuis hier, les conducteurs d’autobus sont en grève (bon, ce genre de chaos ne fait pas toujours plaisir. Et encore moins quand l’on est en train de voyager et que l’on a besoin d’un autobus pour atteindre la station avec la valise…)-.

Voyons quand Lonely Karen Drifter viendra découvrir cet endroit (presque) parfait.

Cet article d’Henriette Ritz fait partie de la série de portraits eurobarcelonais. Traduction de Mireia Bel Photograph de Gerard Girbes (flickr.com)