Balkans and Beyond : le photographe lauréat du prix World Press Photo

Article publié le 19 février 2016
Article publié le 19 février 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le photographe slovène, Matic Zorman vient de rececoir le prix World press Photo, catégorie Portrait, grâce à une image saisissante d'un enfant se protégeant avec un ciré derrière les barreaux d'un camp de réfugié en Serbie. Il nous parle de la guerre, de la corruption et de la « science du juron ».

As-tu vécu la guerre des Balkans dans les années 90 ?

Oui, j'étais un enfant de 5 ans et j'ai vécu la guerre des Balkans surtout dans notre sous-sol, où nous nous abritions parfois pendant les survols des avions de chasse.

De quoi te souviens-tu de cette époque?

Je n'oublierai jamais deux choses de la guerre en Slovénie. Alors que j'habitais près du principal aéroport slovène, j'ai toujours entendu les avions de chasse voler en direction des antennes de Krvavec hill, qui étaient leurs cibles. Comme ils volaient très bas, j'étais vraiment excité d'entendre les fenêtres de notre appartement trembler.

L'autre souvenir est une scène d'un reportage TV. Une vieille dame réfugiée, qui ressemblait à mon arrière-grand-mère, pleurait et tremblait tellement que je fus submergé par mes sentiments et commençais aussi à pleurer. Je crois que cet évènement a semé les graines de mon travail actuel.

Est-ce-que tes amis et ta famille parlent encore de Tito et de l'époque de la Yougoslavie ? Existe-t-il une Tito nostalgie ?

Oui ! Alors que la santé économique et politique de la Slovénie tend radicalement vers le bas, la nostalgie envers Tito est très présente. Même si, en principe, beaucoup de personnes ne sont pas nécessairement d'accord avec tout ce qu'a fait Tito. Mais la majorité des gens préfèrent encore le travail équitable, les avantages sociaux et les honnêtes gens,  qui étaient certaines des valeurs de la Yougoslavie, plutôt que la corruption actuelle, l'exploitation du capitalisme et le café instantané froid.

3 mots pour résumer les Balkans aujourd'hui ?

Intérêts politiques divers.

Quels sont d'après toi les principaux problèmes de la région ?

D'après moi, Il existe deux sortes de corruption. Avant, il y avait une corruption juste dans la politique. Maintenant, c'est sale et plein d'opportunistes en quête d'argent, d'exploitation des grandes compagnies, de confusion et d'une insensibilité envers la classe la plus pauvre.

As-tu une personnalité/VIP dans la région que tu admires?

Slajoj Zizek.

Une coutume/habitude/particularité des Balkans que tu aimes particulièrement? Que tu détestes?

J'aime les cigarettes fortes, la café fort, les caractères forts. La science du juron, l'humour et le café fait maison. Les personnes âgées qui possèdent encore le sens de la vertu et des valeurs. Je n'aime pas la modernisation qui enlève le côté balkanique des Balkans.

Pourquoi as-tu participé au projet Balkans and Beyond ?

Je voulais représenter une petite partie de « mon pays » grâce à mes photos.

Sur quelle histoire as-tu travaillé ?

Les rencontres aux frontières : sur un ancien réfugié Bosniaque, qui est aujourd'hui bénévole dans le cadre de la crise des réfugiés actuelle dans les Balkans.

Qu'as-tu appris ? Qu'est-ce-qui t'a étonné ?

J'ai appris que, contrairement à ce que je pensais,  je ne connaissais pas beaucoup de choses sur les Balkans : l'histoire, les lieux…Ce travail m'a surpris et motivé pour en apprendre davantage.

Comment as-tu ressenti le côté transnational pour « travailler ensemble »?

Avec des histoires intéressantes, des bons repas, et aussi du meilleur café et de bonnes cigarettes, et du plaisir, cela ne pouvait pas mal se passer. J'aurais juste souhaité avoir plus de temps pour travailler sur le terrain et ainsi avoir un meilleur accès et plus d'intimité dans l'histoire.

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