Baisse du niveau de vie dans l’opulente Europe

Article publié le 20 février 2011
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Article publié le 20 février 2011
Comment va l’Europe ? Si l’on en juge à l’aune de sa richesse économique, mesurée par le produit intérieur brut (PIB), l’Europe va bien. En effet, avec près de 30 % du produit intérieur brut mondial, l’Union européenne (UE) est la première puissance économique de la planète, que bon nombre de migrants comme on le sait, voudraient rejoindre.
Qui plus est, d’après les chiffres de l’agence Eurostat pour les dix dernières années, le PIB de la zone euro comme celui de l’UE n’a cessé d’augmenter, excepté en 2009 où il a sévèrement reculé suite au krach bancaire et financier de l’automne 2008. Pour l’année 2010, l’agence a annoncé la semaine dernière que le taux de croissance avait atteint 1,7 % et elle prévoit un taux identique ou supérieur pour 2011 et 2012. L’Europe dégage donc globalement toujours des excédents et produit donc toujours plus de richesse.

On pourrait penser logiquement que cette richesse profiterait aux salaires des citoyens européens dont le travail naturellement nourrit cette croissance économique. Et pourtant les salaires ont diminué de 10 à 20 % comme en Irlande, en Grèce, en Espagne, en Estonie mais aussi en Allemagne... ou bien ils stagnent comme en France. En prenant en compte l’inflation, c’est donc pour tout le monde que le coût de la vie augmente. Finalement, si globalement la richesse des pays européens ne diminue pas, celle des citoyens en revanche plonge : autrement dit, les inégalités s’accroissent.

Tout récemment Paris et Berlin ont présenté le « Pacte de stabilité » que la zone euro devrait selon eux adopter. Au menu, fin de l’indexation des salaires sur l’inflation, retraite à 67 ans, et une « règle d'or » interdisant les déficits dans leurs constitutions. Ce plan semble surtout d’inspiration allemande puisqu’il invite les pays de la zone euro à s’infliger les mêmes recettes qu’elle s’est donnée à elle-même ces dernières années pour abaisser le coût du travail. Ces recettes en effet, ont mécaniquement rendu le pays plus efficace sur le plan économique, mais elles ont contraint les Allemands à voir leur niveau de vie s’affaisser et à voir se creuser les inégalités.

Radio France International rapportait le 14 février dernier que le PIB de la Chine venait de dépasser celui du Japon et se rapprochait de celui des États-Unis. La Chine est désormais une puissance économique mondiale, pour autant on sait le niveau de vie moyen des Chinois et la difficulté de vivre dans ce pays : la richesse y est très peu partagée et les inégalités sont immenses. Chez nous, le projet européen visait d’emblée la prospérité; à l'heure où se développent la précarité et la pauvreté sur tout le continent, n'est-il pas temps de prendre un autre chemin que celui qui, toutes proportions gardées, nous rapproche de la Chine ? N'est-il pas temps de prendre un autre chemin pour que l'opulence de l'Europe corresponde mieux au bien-être de tous ses citoyens ?

Jean-Marc L.