Babé-liens de l’été : Penser l’Europe

Article publié le 27 juillet 2009
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Article publié le 27 juillet 2009
Les points de vue de Stéphanie Novak, Justine Lacroix, Michaël Foessel, Renaud Baumert (à propos d’un ouvrage du juriste Olivier Beaud) et Olivier Ferrand.

Par Guillaume Delmotte

Strasbourg, le 27 juillet 2009

le bel été (babé-lien 27.07.09)« Si vous n'aimez pas la mer... si vous n'aimez pas la montagne... si vous n'aimez pas la ville... alors… » le CLANdestin européen vous propose quelques babé-liens, estivaux mais studieux, vers des textes et des interventions de spécialistes de la chose européenne. Nous espérons qu’ils retiendront votre attention.

L'opacité du consensus : la prise de décision au Conseil de l'Union européenne - La vie des idées (Stéphanie Novak)

Stéphanie Novak, normalienne, agrégée de philosophie, est l’auteur d’une thèse de doctorat en science politique soutenue à l’Institut d’études politiques de Paris en 2009 et dont le sujet était : « L’ombre du consensus : pratiques de la majorité qualifiée au Conseil de l’Union européenne ».

« Au Conseil de l’Union européenne, les décisions se prennent en général par consensus. Est-ce à dire que tous les pays sont à l’unisson ? En fait, les désaccords sont souvent occultés, la plupart des pays n’ayant pas intérêt à rendre publiques leurs mises en minorité. Stéphanie Novak décrit les pratiques effectives que recouvre le consensus et rend compte de l’opacité qui préside à l’exercice commun des souverainetés. » (La Vie des Idées)

L’Europe souffre-t-elle vraiment d’un « déficit démocratique » ? - La vie des idées (Entretien vidéo avec Justine Lacroix)

Dans le cadre du Forum « Réinventer la démocratie » organisé à Grenoble les 8, 9 et 10 mai 2009 par La République des idées, Justine Lacroix, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles et Deakin Fellow au Saint Antony’s College de l’Université d’Oxford pour l’année 2008/2009, a participé à une table ronde sur le thème : « les institutions européennes sont-elles démocratiques ? ». Dans un entretien vidéo publié sur le site de La Vie des Idées, elle livre ses réflexions sur ce sujet.

Selon elle, « les institutions européennes ne sont pas et ne peuvent pas devenir un espace politique de débat démocratique aussi achevé et vivace que celui des États-nations. L’extension et l’universalisation de droits homogènes pour tous les citoyens européens constituent en revanche le principal apport démocratique de l’Union européenne, qui pourrait, si l’Europe résiste à la tentation du repli sur soi, servir de modèle ou d’exemple au reste du monde. » (La Vie des Idées).

Justine Lacroix est notamment l'auteur d'un livre dense et stimulant : La pensée française à l'épreuve de l'Europe (Grasset, 2008).

La construction européenne à l’aune de la pensée française - La vie des idées (Michaël Foessel)

Cet ouvrage de Justine Lacroix a fait l’objet d’une recension de la part du philosophe Michael Foessel, collaborateur de la revue Esprit.

« Comment les penseurs français, aujourd’hui, appréhendent-ils la construction européenne ? Justine Lacroix montre comment les diverses représentations de l’Europe problématisent les tensions qui se nouent entre droits de l’homme, démocratie et nation. » (La Vie des Idées)

Une citoyenneté européenne est-elle possible ? - La vie des idées (Justine Lacroix)

La Vie des Idées a par ailleurs publié récemment un article de Justine Lacroix sur le thème de la citoyenneté européenne. « L’Europe invente une nouvelle forme de citoyenneté, fondée non sur la participation au pouvoir, mais sur l’obtention de droits spécifiquement européens et sur l’ouverture, toujours plus grande, du débat politique aux questions européennes. Preuve, selon Justine Lacroix, que s’il n’existe pas de peuple européen, il y a bien tout de même une Europe politique. » (La Vie des Idées).

Qu’est-ce qu’une Fédération ? - La vie des idées (Renaud Baumert)

Renaud Baumert, jeune chercheur en science politique, spécialiste de l’histoire de la pensée constitutionnelle, propose ici une lecture critique de l’ouvrage d’Olivier Beaud, professeur de droit public à l’Université de Paris II-Panthéon Assas : Théorie de la Fédération (Presses universitaires de France, 2009).

« On évoque souvent, pour s’y référer ou pour le repousser, le modèle fédéral lorsqu’on veut comprendre la construction européenne. Encore faut-il percevoir convenablement ce qu’il signifie. Pour Olivier Beaud, la Fédération est une forme politique singulière dont on ne peut prendre toute la mesure qu’en la détachant de la théorie de l’État. » (La Vie des Idées)

L’Europe contre l’Europe (Olivier Ferrand, Hachette Littératures / Fondation Terra Nova)

Olivier Ferrand, président de la Fondation progressiste Terra Nova, vient de publier un essai, L'Europe contre l'Europe, où il fait état de ses réflexions – tournées vers l’action – quant aux scenarii possibles d'évolution de la construction européenne, et ce à partir d'une analyse de sa crise actuelle

- Le statut quo : la « Suisse européenne »

- L'élargissement indéfini : l'Europe-monde

- Le scénario fédéral : l'Europe puissance

« Aujourd’hui, l’Europe ne se heurte plus à la coalition des souverainismes, mais d’abord à elle-même. Ce sont les partisans de l’Europe qui pourraient bien en être les principaux fossoyeurs. Telle est la thèse paradoxale de ce livre. L’Europe d’aujourd’hui – ses méthodes, ses acteurs, ses politiques – se dresse contre l’Europe de demain. Elle menace de se diluer en une grande Suisse, ou de muter, avec la dynamique de l’élargissement, en une Europe-monde sans frontières. Le mythe de l’Europe fédérale est-il mort ? Il y a un nouvel espoir. Le Parlement européen, le seul organe proprement démocratique de l’Union, a désormais les moyens d’un « coup de force » politique. A lui d’agir. A nous, la nouvelle génération européenne, de le mandater pour sortir l’Europe de l’ornière. » (Terra Nova)

La synthèse de cet ouvrage peut être téléchargée ici.

Bel été à tous !

(crédit photo : flickr /Le bel été, par Jelens)