Avec ou sans Turquie : vérifiez vos euros !

Article publié le 22 janvier 2008
Publié par la communauté
Article publié le 22 janvier 2008
La Turquie est-elle européenne ? Au sommet des institutions européennes la question semble se régler plutôt à coups de documents PDF que de débats - souvent creux, philosophiques ou géopolitiques. Et en jeu cette fois : l'aspect des pièces de monnaie européennes. Qui soulève un véritable déchirement intra-institutionnel.

Déchirement entre la Commission Européenne, qui, de son côté propose d'inclure le pays anatolien sur la carte du continent dessinée sur les pièces (image de droite) et le Conseil des Ministres, qui, au contraire essaye discrètement de l'en éclipser (image de gauche).

Il faut le voir pour le croire !

Ce sont les députés radicaux européens, Marco Cappato et Marco Pannella, qui l'ont révélé et ont souhaité voir disparaître de la circulation les pièces de monnaie anti-turcs. En effet, dans les tous premiers euros mis en circulation, que nous avons tous en poche encore maintenant, on peut voir un bout de la Turquie. En revanche ce n'est pas le cas des pièces diffusées en Slovénie à son entrée dans l'Euroland, le 1er janvier 2007, où la Turquie s'est soudainement envolée. Mais les radicaux ne comptent pas en rester là et ont demandé la substitution progressive de 31 milliards de pièces de monnaie. Une quête possible ?

Mais de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, au delà de cette histoire de pièces de monnaie, que faut-il en penser ? Encore aucune décision jusqu'à présent, les négociations font rage, et le forum de cafebabel.com s'enflamme ! Ce que je peux dire, c'est qu'au cours de mon année Erasmus, j'ai rencontré un charmant jeune homme d'Istanbul, Dogan Mert, que je salue, et je ne peux en aucun cas affirmer m'être senti plus éloigné de sa culture que de celle allemande ou suédoise. Au contraire, il me semblait presque un peu napolitain...

Et puis, à l'image de ce que nous raconte Erri De Luca, l'identité méditerranéenne triomphe souvent sur celle européenne... Mais c'est un autre discours ça, non ?

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel