Avec Mommy, la dolanmania déferle finalement en Allemagne

Article publié le 8 novembre 2014
Article publié le 8 novembre 2014

Xavier Dolan, 25 ans, cinq films à son actif, avait été découvert en France lors de la sortie de son deuxième long métrage en 2010, "Les amours imaginaires", un trio amoureux à la Jules et Jim. Avec Mommy, prix du jury au festival de Cannes 2014, Dolan vise un public européen plus large.

Autoproclamé comme le porte-parole de la nouvelle génération, les médias allemands le surnomment le Wunderkind (l’enfant prodige, ndlr). En Allemagne, Dolan avait jusque-là plutôt été boudé par le public. L’engouement médiatique autour de Mommy, qui sort dans les salles allemandes le 13 novembre, seulement deux mois après son précédent film Sag nicht wer du bist (Tom à la ferme, ndlr), entraînera-t-il le même enthousiasme auprès du public?

Des femmes mûres, de l’amour et de la haine

Dans Mommy on retrouve les ingrédients « dolaniens »  qui font recette. Premièrement, une histoire conflictuelle entre une mère,  interprétée par Anne Dorval méconnaissable, déjà maman dans le premier film de Dolan, J’ai tué ma mère (2009), et son fils Steeve joué par Antoine-Olivier Pilon (filmé par le jeune réalisateur dans le clip Collège boy d’Indochine). Pour autant, entre le dernier et le premier film de Dolan, du temps s’est écoulé. D’une histoire intimiste en partie autobiographique, le réalisateur transpose la relation mère-fils à un environnement social et psychologique qui lui est étranger.  Car Mommy, c’est l’histoire d’une mère veuve qui doit réapprendre à vivre avec son fils, déclaré TDAH (trouble déficit de l’attention, hyperactivité), après que celui-ci s’est fait expulser d’un centre de rééducation.

Mais la mère de Steeve va trouver un soutien auprès de la voisine mutique, magnifiquement interprétée par Suzanne Clément, autre actrice fétiche du jeune réalisateur. Et c’est ainsi que la relation mère-fils se transforme en une valse à trois, rappelant la composition des Amours imaginaires. Mais seul le chiffre reste le même. Dans les Amours imaginaires, Dolan abordait d’un ton moqueur et avec un certain recul le marivaudage de trois jeunes branchés Montréalais –inspiré on s’en doute des propres histoires de Dolan qui interprète lui-même un personnage principal. Dans Mommy le réalisateur filme le trio avec une certaine précaution et surtout beaucoup de tendresse. Les personnages filmés au format carré 1:1 en sortent grandis. Le réalisateur fait de Mommy un mélo hollywoodien, l’émotion s’empare du spectateur qui s’attache inévitablement aux personnages et attend avec appréhension la fin de la valse.

Ajoutez à cela des couleurs et des lumières chatoyantes, des costumes et une musique non moins colorés rappelant l’univers des années 1990 choisis avec minutie par Xavier Dolan, et vous avez devant vous à partir du 13 novembre un film à ne pas manquer !