Aurores boréales: trolls et voyance en Norvège

Article publié le 30 septembre 2014
Article publié le 30 septembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Nous revoilà! De retour de notre voyage dans le Nord, au pays des trolls, des lieux enchantés et des êtres clandestins. Apres notre visite au Danemark et en Islande, notre bateau atteint maintenant le pays des fjords. Bienvenue en Norvège, et dans la troisième partie de notre série spéciale sur les superstitions en Europe du Nord.

Croyances millénaires contre superstitions chrétiennes

Tous les ans, l’hiver se déroule de la même façon: dans l’obscurité totale. Le plus au nord, le plus dans le noir. Le Finnmark, un paysage déchiqueté, peu habité et lointain, se trouve tout au nord de la Norvège. On ne peut espérer que quelques heures de lumière du jour en hiver là-bas. Mais les hivers ne sont pas durs qu’à cause du soleil. Il part en automne au pays des Sámi, les habitants originaux du nord de la Scandinavie, et revient au printemps. A cause de cela, beaucoup d’habitants de la région sont en dépression en hiver, et essaient de l’éviter avec des lampes à lumière vive dans des cafés ou chez eux. Car sans technique d’éclairage moderne, il fait aussi sombre qu’il y a plusieurs siècles, dans le Finnmark.

La région était autrefois contestée et convoitée comme marché par les Danois, Suédois et Russes. Les Danois l’ont finalement gagnée et cela a sonné l’avènement de la capitale la plus sombre de l’histoire du Finnmark au 17eme siècle. Les protestants purs du Danemark et Norvège ont été choqués des rituels ecstatiques de Noajden, les Chamans Samis et ont introduit l’invention innovatrice de l’Eglise au Finnmark : l’Inquisition. On craignait « l’Armée du diable » qui répandait le fléau dans la région et l’accusait de sorcellerie et  d’admiration du diable. Cette superstition s’est terminée dans la chasse aux sorcières la plus cruelle que le Nord ait jamais connue. La forteresse Vardøhus s’érige en apogée de la cruauté, puisque là-bas des hommes, femmes et enfants ont été accusés, torturés et brulés.

La culture Sámi n’a cependant pas été détruite, et elle a survécu aux divagations de l’histoire norvégienne jusqu'à aujourd’hui. Même s’il ne subsiste que quelques parties des rituels, il y a encore aujourd’hui quelques Noajden, qui veulent redonner vie aux rituels ecstatiques et cérémonies d’offrandes de victimes.

Calamité du monde des animaux

Peu de Sámis, descendants des Vikings, croient aux superstitions norvégiennes. On chevauche des femmes enceintes pour éviter de regarder les lièvres dans les yeux. On craignait que les nouveaux nés ne soient sujets aux becs de lièvre, une déformation de la mâchoire. Mais les lièvres ne sont pas les seuls animaux mal aimés. Les phoques en particulier ont trainé une image morbide depuis les Vikings. Ils étaient accusés d’amener la mort et étaient haïs pas les gens de la mer. Qui s’expose aux phoques attire la mort ! Dans ces cas on a besoin de porte bonheur, et pour les Norvégiens, il s’agit des trolls. Ces petites créatures poilues sont aujourd’hui surtout actives dans le tourisme et accueillent les visiteurs dans les hôtels, les musées et magasins de souvenirs.

Horoscopes et Parlementaires

Même au 21eme siècle, il reste en Norvège des gens qui s’en remettent aux mains des superstitions, mais aussi des gens qui ne font pas une confiance aveugle aux liseurs de cartes et de boules de cristal. En 2008, un tel cas s’est passé entre les murs du Parlement norvégien, le Stortings, et a été révélé. Sarah Khaen, social-démocrate, a dépensé des dizaines de milliers d’euro dans les hotlines de voyance avec son téléphone de députée en quelques années. Le plus curieux dans cette histoire : elle a finalement prié elle-même les voyantes de mettre fin à ces appels. La question de sa démission ne s’est pas posée. En 2009, elle ne s’est tout de même pas représentée pour un nouveau mandat.

Même au 21eme siècle, il reste en Norvège des gens qui s’en remettent aux mains des superstitions, mais aussi des gens qui ne font pas une confiance aveugle aux liseurs de cartes et de boules de cristal. En 2008, un tel cas s’est passé entre les murs du Parlement norvégien, le Stortings, et a été révélé. Sarah Khaen, social-démocrate, a dépensé des dizaines de milliers d’euro dans les hotlines de voyance avec son téléphone de députée en quelques années. Le plus curieux dans cette histoire : elle a finalement prié elle-même les voyantes de mettre fin à ces appels. La question de sa démission ne s’est pas posée. En 2009, elle ne s’est tout de même pas représentée pour un nouveau mandat.

Lire aussi les parties 1 et 2 de notre série Café Babel sur les superstitions dans le Nord de l’Europe.