Au secours, le référendum revient ! part II

Article publié le 31 octobre 2007
Publié par la communauté
Article publié le 31 octobre 2007
Comment faire pour que les gens s’intéressent à l’Europe ? C’est un peu la question à 1 million d’euros, le Saint Graal que nous autres, pauvres chevaliers errants, recherchons avec fougue et obstination. Mais il arrive que le découragement nous guette. Parfois, nous n’y croyons plus vraiment et notre volonté chancelle.
Dans un commentaire de mon post précédent, Adriano me faisait part de sa déception. En refusant par principe l’idée d’un référendum en France, j’aurais abandonné l’idéal du Zinc de l’Europe !

En un sens, il a pas tort. C’est vrai quoi, c’est bien joli de se la jouer « l’Europe expliquée à ma concierge », à bas l’Euro-jargon bruxellois, et tout le toutim. Si c’est pour refuser le débat dès que ça risque de mal tourner, ça sert pas à grand chose ! Avec un référendum, au moins, on parlera d’Europe. C’est vrai, c’est un peu paradoxal tout ça. Et là, un affreux doute me taraude, aurais-je perdu la foi ?

Le problème dans cette histoire, c’est qu’on a tous tendance à tenir pour acquis que le référendum c’est le meilleur truc pour donner la parole au peuple. La démocratie en direct live, quoi ! Plus de filtre, de partis, de députés ! Enfin, on laisse s’exprimer la vox populi, la seule, la vraie !

Sauf que ça se passe jamais comme ça. Vous inquiétez pas, je vais pas vous faire un exposé sur les référendums à travers l’histoire. Je vais pas non plus vous sortir la tarte à la crème de de Gaulle est les « référendums plébiscites ». Mais on peut par exemple se demander pourquoi les Allemands n’ont pas de référendum ou pourquoi c’était interdit en France jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

La réponse est simple : le référendum, c’est le meilleur moyen pour les populistes de tout poil de répandre leurs idées débiles sans rencontrer de véritable contradiction. Tout d’un coup, ils peuvent profiter du fait que la plupart des gens ne comprennent rien à la question qui est posée pour asséner quelques concepts simplistes et gagner le cocotier. C’est donc beaucoup plus dur de faire passer des positions plus argumentées et plus complexes.

C’est ce qui a fait que le premier référendum de l’histoire de France a été une catastrophe. Il a eu lieu le 21 novembre 1852 et les Français ont voté à 96% pour la fin de la IIème République et le rétablissement de l’Empire. Donc, en gros, la procédure soi-disant la plus démocratique a servi à supprimer la démocratie ! Mais, alors, vous me direz, ça veut dire que les gens sont irrémédiablement trop cons et que la démocratie directe ça marchera jamais ? Ce serait trop horrible !

Non, ça veut juste dire qu’il y a une recette du référendum et que si on la suit pas, ça peut vraiment mal tourner. Qu’est-ce qui s’est passé en 1852 ? En fait, on avait d’un côté Louis-Napoléon Bonaparte, c’est à dire un nom qui faisait l’unanimité et de l’autre des républicains divisés et incohérents. Le résultat était prévisible.

Et c’est exactement la même chose aujourd’hui ! Le problème, c’est que les dirigeants politiques modérés se découvrent pro-européens au moment des référendums et n’ont donc pas vraiment d’argumentaire structuré, alors que pour les anti-européens c’est une obsession, un sacerdoce. Ils ont développé une véritable doctrine. Pour contrer cela, il faudrait être plus précis et surtout plus uni que ne l’était le camp du Oui en 2005.

Donc Adriano a raison. C’est un peu paradoxal de vouloir développer le débat sur l’Europe et de refuser le référendum. Mais tant que mes idées seront défendues par des quiches pareilles, je préfère attendre des jours meilleurs…