Attentats : Tunis, tu pleures

Article publié le 19 mars 2015
Article publié le 19 mars 2015

21 personnes ont trouvé la mort lors d’un attentat au Musée national de Tunis. Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a dit, après l’attaque, la détermination du pays à se battre « jusqu’à son dernier souffle » contre le terrorisme. L’espoir pour la démocratie dans le monde arabe s’effondre-t-il avec cet acte terroriste, ou au contraire en sort-il renforcé  ? 

Libération, France : La Tunisie touchée en son cœur

Les djihadistes ont délibérément choisi d’attaquer ce lieu qui symbolise le regain de démocratie et l’économie florissante de la Tunisie analyse le quotidien de centre gauche Libération : « Ce pays est le seul, dans le monde dit "arabe" qui ne subit pas le diktat "maquereau" d’une armée qui décide de qui sera président ou mendiant, ni la malédiction d’une rente pétrolière maudite et c’est le seul où un président est élu, vraiment. On appelle cela une démocratie et la Tunisie en est le seul exemple encore prometteur dans ce monde "arabe" piégé. (…) C’est donc au cœur que les djihadistes ont frappé hier : un attentat dans un lieu de culture (ces musées que Daech détruit à coups de marteau), tuant des touristes (sources de l’économie tunisienne), à côté d’un parlement (lieu de la démocratie fragile) où devaient être votées des lois antiterroristes efficaces. C’est un attentat de "sniper". Il vise, on l’aura compris, l’économie, la démocratie et toute une nation. »(19.03.2015)

Le Soir, Belgique : Le pays des vacances, entre démocratie et djihad

L’attentat à Tunis aura surtout des répercussions sur le tourisme, estime le quotidien libéral Le Soir : « L’attaque de ce mercredi vient bouleverser le relatif optimisme qu’on pouvait entretenir pour l’avenir de ce pays et de ses habitants. Elle vient rappeler à ceux qui auraient pu en minimiser l’importance que la Tunisie était en même temps le pays le plus démocratique du monde arabe et aussi… celui d’où provient le plus grand nombre de djihadistes qui ont joint les rangs du sinistre "État islamique" en Syrie et en Irak. Et, de source tunisienne officielle, on savait que 500 djihadistes tunisiens seraient rentrés du Proche-Orient. Démocratie et djihadisme sur la même terre. Incroyable paradoxe. Cette nouvelle épreuve sera difficile à surmonter. Les touristes risquent fort de déserter le pays. Ils constituent l’une des principales ressources du pays. Plus que jamais, la Tunisie, les Tunisiens, ont besoin de notre solidarité. Pas seulement en mots. » (18.03.2015)

Tages-Anzeiger, Suisse : l'échec du printemps arabe

Le Printemps Arabe est mort en même temps que les victimes de l’attentat de Tunis, d’après le quotidien zurichois Tages-Anzeiger : « Pour le pays et sa population, la fusillade devant le parlement et la prise d’otage dans le musée de Tunis est une catastrophe dont la portée est difficile à estimer. Le gouvernement tunisien ne va pas pouvoir régler le problème du terrorisme du jour au lendemain, alors que le tourisme international, lui, va réagir directement. (…) Il faut se rendre à l’évidence que ce que nous appelons les printemps arabes est un échec et que la région va rester très instable. On évitera ces pays, où les risques sont difficiles à évaluer, autant en tant que destination touristique, que comme partenaire politique ou d’investissement. L’avènement de la démocratie dans les États du Moyen-Orient et du Maghreb que l’on croyait possible en 2011 ne se réalisera pas dans un avenir proche ». (19.03.2015)

The Daily Telegraph, Royaume-Uni : Le terrorisme renforce la laïcité dans le pays 

Avec des attentats comme ceux de Tunis, les islamistes perdent le soutien des populations locales et renforcent les forces laïques du pays, analyse le quotidien conservateur The Daily Telegraph : « En tuant 19 personnes innocentes, l’EI parviendra peut-être à dissuader les touristes de se rendre en Tunisie. Mais ces attaques horrifient la société tunisienne dans son ensemble. Elles pourraient même contribuer à consolider les forces laïques du pays qui ont accédé au pouvoir lors des dernières élections. Le nouveau Premier ministre était ministre de l’Intérieur sous l’ancien régime destitué en 2011. À cette époque, le régime ne bénéficiait pas de suffisamment de soutien dans la population pour s’attaquer aux groupes islamistes. Mais, aujourd’hui, il semblerait que l’EI provoque une réaction d’opposition à l’égard des islamistes radicaux dans tout le pays  ».  (18.03.2015

En partenariat avec euro|topics 30 pays - 300 médias - 1 revue de presse