Assemblée Nationale : Conférence sur les troubles au Moyen-Orient

Article publié le 20 janvier 2017
Article publié le 20 janvier 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le mardi 17 janvier 2017, se tenait dans la salle Victor Hugo de l'Assemblée Nationale une conférence sur "Les bouleversements au Moyen-Orient, l'approche de la France et de l'Europe".

La figure principale de cette conférence était Maryam Radjavi, la présidente-élue du Conseil National de la Résistance Iranien (CNRI). Elle s'est adressée à plusieurs membres du Parlement français et anciens membres de gouvernements européens et américains.

Parmi les autres intervenants, on a pu entendre Lincoln Bloomfield, ancien Assistant du Secrétaire d'Etat Américain et le Dr Alejo Vidal Quadras, ancien Vice-Président du Parlement Européen, ainsi que différents membres du Parlement français. Les intervenants se sont tous concentrés sur le rôle du régime iranien dans la situation actuelle du Moyen-Orient et l'impact du Plan d'Action Global Commun (PAGC).

"La population Iranienne n'a reçu aucun bénéfice du PAGC. En effet, l'accord remplit les caisses de Khamenei, de sa Guarde Révolutionnaire et finance leurs funèbres expéditions en Syrie et sa région. Le monde sait aujourd'hui que le régime Iranien - les mollahs, les Guardiens de la Révolution, le Hezbollah et autres mercenaires présents en Syrie ne sont pas là pour combattre Daesh et l'extrémisme mais pour maintenir le dictateur de Damas" a déclaré Radjavi. "Aucune solution politique ne pourra être effective tant que les Guardes Révolutionnaires et leurs milices seront sur le sol syrien. Le grand perdant d'un cessez-le-feu et d'une paix en Syrie, c'est le régime iranien."

Les critiques sont notament dirigés vers la politique iranienne des Etat-Unis, qui prônait l'apaisement et la non-intervention. "Au vu des échecs de la politique d'apaisement, il y a besoin d'une autre politique qui mette fin aux souffrances du peuple syrien, ses migrations et l'absence de domicile fixe, a ajouté Radjavi, on ne peut s'unir aux extrémistes pour déraciner l'extrémisme... Aucun pays ne devrait fermer les yeux sur les violations des Droits de l'Homme et des femmes en Iran pour des intérêts économiques."

Mr Bloomfield s'est exprimé sur la vulnérabilité du régime iranien, notamment sur les raisons qui le pousserait à retarder l'accord sur le nucléaire et à s'immiscer dans les différends de la région. "Ils sont vulnérables à cause des crimes qu'ils ont personellement commis. En 1988, le Ministre de la Justice Pourmohammadi a autorisé le meurtre de dizaines de milliers de personnes et des cadres du régime... La responsabilité de ces crimes pèse sur les consciences mais le peuple n'a pas à en être tenu responsable."

Il a remarqué que leur participation dans la région leur permettait de détourner l'attention des problèmes au sein de l'Iran. Il ajouta que les membres du gouvernement d'Obama étaient focalisés sur la menace nucléaire que constituait l'Iran, ignorant les prises de position extrêmes du régime sur d'autres sujets, qu'ils relèvent de la politique intérieure ou extérieure. De nombreux réformistes sont pointés du doigt par Washington comme acteurs d'un changement en Iran, mais Bloomfield a toutefois constaté que la répression augmentait et non diminuait. "C'est la méthode du régime iranien, on ne peut pas imaginer qu'une réforme se fasse avec modération," explique-t-il.

D'éminents anciens officiels américains ont envoyé une lettre au Président Trump, l'incitant à élargir sa politique iranienne pour y inclure la violation des droits de l'homme ainsi que la responsabilité de l'Iran dans l'instabilité de la région, comme en Syrie, Irak ou Yémen. Plusieurs intervenants ont relevé que les Européens et les Etats-Unis ont besoin de faire preuve de fermeté face à l'Iran qui ne respecte pas ou contourne les traités.

Un autre message à aussi été passé : un appel à la paix pour les 80 millions d'Iraniens qui subissent actuellement le régime. Les intervenants ont signalé qu'ils n'accusaient pas directement le peuple iranien, mais qu'ils souhaitaient faire connaître la vérité, leur apprendre ce qui était fait en leur nom et de quelle façon le gouvernement detournait les fonds de l'accord du nucléaire sans en faire bénéficier les citoyens.

Ms. Radjavi et plusieurs autres intervenants ont suggéré une alternative au régime iranien, en accord avec les 10 objectifs du Conseil National de la Résistance Iranienne. "Aujourd'hui, il existe une alternative pour l'Iran qui est basé sur un projet démocratique, dans le respect des autres religions et coutumes, des non-croyans, des libertés et de l'égalité entre homme et femme. Cette alternative mérite d'être écoutée," dit Radjavi. "La seule chose dont nous avons besoin est d'adhérer aux valeurs de la démocratie."

Plusieurs orateurs ont aussi suggéré différentes possibilités de venir en aide à l'Iran et de quelle façon même les prisonniers politique dénoncent le régime, ainsi que leur famille. "Des milliers de manifestants ont célébré l'anniversaire de Cyrus le Grand, auteur de la toute première déclaration des droits de l'homme, appelant à un avenir sans mollahs. Il y a quelques semaines, lors du Student Day, des maifestants ont exigé la libération des prisonniers politiques," ajoute Radjavi.

Elle s'attacha en particulier aux conditions des familles de prisonniers politiques, saluant leur résistance au régime "en tenant les officiels responsables de leurs crimes, notamment le massacre de 30 000 prisonniers politiques de 1988."

Le CNRI a joué un rôle clef en informant la communauté internationale de la situation de l'Iran. Malgré leur classification comme organisation terroriste, ce groupe a contribué à attirer l'attention internationale sur les actions de diffusion de l'extrémisme par régime actuel qui contribuent à maintenir voire agraver la situation en Iran et au Moyen-Orient.