Arrêtons les fatwas contre le programme Erasmus

Article publié le 14 décembre 2007
Article publié le 14 décembre 2007
La fatwa contre l'Erasmus, lancée par le journaliste de Repubblica Ilvo Damianti, est arrivée. Bénite par Eugenio Scalfari sur L’Espresso, la thèse de Diamanti blâme la “jeunesse apatride” responsable du contexte social dans lequel l’homicide de l’étudiante anglaise Meredith aurait été perpétré à Pérouse.

Pour Diamanti, "la ville de l'Ombrie serait le symbole de ces centres que les malefiques étudiants Erasmus ont défiguré, en les transformant en non-lieux "sans institutions, ni règles, ni autorité. Dans le cites universitaire les étudiants sont des personnes de passage, sans racines locales ni la perspective d’y rester pendant toute leur vie. Ils payent des loyers très élévés pour partager un appartement avec des autres étudiants. Ils ne peuvent pas se sentir comme chez eux…"

Est-ce que Diamanti sait combien d’étudiants, après l’Erasmus, retournent dans le pays dans lequel ils ont passé l’année la plus belle de leur vie, ils y travaillent et, comme dans mon cas, ils bâtissent un futur qui serait autrement impossible dans des pays déprimés comme l’Italie ? Mais Diamanti ne s’arrète pas là. Les étudiants apatrides, selon lui, "n’ont pas un lien social ni communautaire. Parce qu’ils ne sont ni une societé ni une communauté. Mais une humanité pleine de rélations la pluspart desfois transitoires. Beaucoup de rélations mais pas d’engagement.

Ça c’est vraiment trop, cher Diamanti. Si vous ne le savez pas, grâce au programme Erasmus - 1,5 milions d’étudiants, depuis 1987 - sont nées des amitiés solides, des amours parfumés et, souvent, comme dans mon cas, on attend de mettre au monde une nouvelle génération d'Européens. C'est grâce à l’Erasmus des milliers de personnes peuvent finalement intérnationaliser leurs existences, apprendre une langue étrangère et, contrairement à ce que vous affirmez, se sentir chez soi à l’étranger. Si sur 1,5 milions de jeunes il y a un homicide ça ne veut pas dire que l’experience plus enthousiasmante de nos jours doit être diabolisée.

Cela veut dire que, desormais, il s’agit d’une experience qui, dans le meilleur comme dans le pire, est en train de se démocratiser. Que les apôtres de la tradition des bons vieux temps arrêtent leurs théories. Le vieux continent continue de se babéliser. Tant mieux.