ARoS ( Aarhus kunst Museum au Danemark), un voyage dans le temps

Article publié le 24 février 2016
Article publié le 24 février 2016

L'exposition “Monet: Lost in Translation” remonte le temps pour ses visiteurs et prévoit un aperçu unique de la France au 19ème Siècle

“Du scandale au monde de l'art!” est la phrase d'accroche de la copie du journal "Paris" que l'on vous donnera en entrant à l'exposition. Le journal vintage est rempli d'images, d'histoires et même de publicités qui remontent à plus de 100 ans. Vous vous arrêtez à côté d'un pilier publicitaire tout en lisant dans le journal l'avancement des travaux de construction des chemins de fer, la guerre franco-prussienne, la Tour Eiffel et -arg- "Emile Zola condamné à l'emprisonnement". 

Nous y sommes: Paris en 1870.

Dans la seconde pièce, une vidéo tourne en boucle projetant sur un mur un quai de gare. Maintenant, nous sommes sur le quai, regardant les voyageurs sortir du train. Et c'est de ce quai, que nous empruntons la nouvelle voie ferrée, qui nous amènera hors de Paris, pour une escapade au Havre. Pendant la ballade, salle 3 nous apprécions le vaste paysage (peint) depuis notre wagon.

Le Havre, c'est dans cette ville que Monet entama le collège d'enseignement général d'art en 1851. C'est là que son professeur, le paysagiste Français Eugène Boudin, lui parlera de la nouvelle technique  "en plein air"(càd peindre à l'extérieur contrairement à la peinture en studio). A partir de ce moment là, Monet passera sa vie à peindre en extérieur, essayant de représenter la Nature comme il pouvait la voir de ses propres yeux:

“Pour moi, le paysage n'existe pas à part-entière, étant donné que son appparence change à chaque moments; mais qu'en est-il de son environnement? Il le fait vivre - l'air et la lumière son en constante variation..." Monet  (1891)

En partant du Havre nous suivons les étapes de Monet à Vétheuil, Londres et Giverny, les villes françaises où il a vécu et que nous retrouvons dans ses peintures, comme un témoignage de son travail et de sa vie.

A côté du travail de Monet, nous trouvons durant l'exposition les peintures d'autres artistes impressionnistes: Corot, Courbet, Diaz de la Pena, Rousseau, Boudin, Pissaro, Degas, Sisley, Morisot, Guillaumin, Renoir et Gaugin.

Monet n'était pas le seul à percevoir qu'une reproduction précise et exact d'un paysage sur la toile était dépassée. Entouré de ses amis, professeurs et collègues il établit “La société anonyme d’Artistes Indépendants” (regroupant les peintres mais aussi les sculteurs et les graveur) qui a défié cette tradition universitaire établie de peinture réaliste.

Considéré comme scandaleux par les membres de l'élite académique, le travail des impressionnistes a, en réalité, sauvé la peinture: Avec l'invention de la photographie, une peinture réaliste n'était plus pertinente. En effet, il fallait se réaproprier la peinture pour survivre.

Donc, tandis qu'une invention technologique, l'appareil photographique, propulsait la peinture classique vers le déclin, une seconde invention, les chemins de fer, donnait l'impulsion à la technique impressionniste. Cela permettait aux peintres d'aller à de nombreux endroits, beaucoup plus vite, découvrir le monde et ses nouvelles perspectives.

De nouvelles perspectives s'offraient:  de nouvelles nuances de lumière . C'est ainsi que nous découvrons le monde tandis que nous nous promenons à travers l'exposition du ARoS: les rues, les plages, les fêtes, les bureaux, les rivières, les champs, petites et grandes villes – et par dessus tout, des nénuphars  – tous vus pour la toute première fois. Chaque peinture offre une visions personnelle d'un moment unique. C'est en quelque sorte le moyen le plus intime de découvrir le passé: Les peintures se racontent ainsi que la personnalité de leur auteur.

A l'approche de la dernière salle et de la fin de l'exposition, il est temps de se réveiller. C'est un cabinet dentaire, rappelant le rôle de l'art de Monet de nos jours: Il est affiché dans un calendrier conventionnel sur un mur de la salle d'attente - une partie de la dominante culturelle. Parce que le travail des artistes impressionnistes peut se trouver dans le monde entier, dans  des galeries à la réputation nationale, dans des expositions plus grandes et dans différents contextes, sa signification première est en quelque sorte perdue.

Ainsi, les fondements de l'impressionnisme sont étroitement liés au renouveau industriel et technologique. C'est ce point que soulève l'exposition "Monet: Lost in translation"  : En 1870, l'impressionnisme était une révolution et c'est ainsi que nous devrions l'appréhender.

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