Apprendre une langue rare, un pari d'avenir ?

Article publié le 18 mars 2011
Article publié le 18 mars 2011
par Aurélie Feller Apprendre une nouvelle langue relativement moins répandue chez nous, ce n'est pas seulement s'ouvrir à une autre culture. Pour certains, cela représente un nouveau filon professionnel, une porte d'accès au commerce international, un vivier d'emplois dans bon nombre de secteurs.
Alors maitriser le mandarin, l'arabe, le finnois, le roumain, le russe ou encore l'hindi pour trouver un poste plus intéressant et valoriser plus facilement ses compétences, est-ce le bon choix à Bruxelles ?

De faibles opportunités professionnelles pour les langues rares

Dans le contexte d'une économie mondialisée, les entreprises cherchent à conquérir de nouveaux marchés dans le monde entier et notamment dans les pays émergents (Chine, Brésil, Inde, Russie...). La connaissance d'une langue rare, et même la possession d'une double culture, pourrait donc représenter un véritable atout sur le marché de l'emploi. Pourtant, selon Bastien Van Aelst de la société de recrutement Michel Page International, les cas restent exceptionnels. « Si dans 90% des cas, la connaissance de langues est exigée, seuls 1 à 2% de la demande de nos clients concernent des langues rares », indique-t-il. Il donne quelques exemples... Une société veut cibler un marché localisé en Inde, une société japonaise s'implante à Bruxelles et son patron ne parle que la langue nippone, une fédération d'entreprises européennes a besoin d'une équipe multilingue. Rares sont les cas comme ceux-ci où la langue prime sur les compétences.

La connaissance des langues proches de chez nous est le véritable atout

L'allemand représente au moins 50% des demandes, viennent ensuite dans une moindre mesure les langues nordiques, le japonais, les langues des pays méditerranéens (italien, espagnol, portugais, grec), estime Galia Barigand de la division International Talents de Secretary plus. Dans cette société spécialisée dans le recrutement d'assistants de direction multilingues, «la croissance de demande concernent principalement des native speakers » précise-t-elle. Peu de chances donc d'arriver avec de simples cours du soir au niveau exigé pour un emploi. Si tout doucement la demande pour ces langues dites « exotiques » augmentent, à Bruxelles l'essentiel reste de maitriser la base. « Avant de parler le finnois ou le japonais, soyez bilingue au moins français - néerlandais », continue le recruteur. Et l'anglais est de toute façon indispensable pour les diplômés du supérieur. Sans secret, à Bruxelles la connaissance de ces trois langues prévaut sur toutes les autres langues. Le bilinguisme dans deux de ces langues est encore et toujours une nécessité compte tenu du statut officiel bilingue de la capitale et de sa stature internationale. Quant au trilinguisme, il fait figure d'avenir pour les recruteurs.