Antonis schwarz : entrepreneuriat social en grèce

Article publié le 16 avril 2014
Article publié le 16 avril 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

An­to­nis Schwarz est un entrepreneur social d'origine grecque et allemande et le fondateur de vouliwatch.gr (vouli signifie parlement en grec), la première plate-forme qui permet aux citoyens de se familiariser avec la politique, de communiquer, d'évaluer et de soutenir les députés grecs.

« Pour­quoi suis-je venu en Grèce en pleine crise? Voici la ques­tion à la­quelle je dois le plus sou­vent ré­pondre lorsque je parle de mon pro­jet, Vouli­watch. C'est un long voyage qui est loin d'être ter­miné.» 

Né en Al­le­magne, An­to­nis dé­cide au prin­temps 2013 de s'ins­tal­ler à Athènes après ses études à Londres et Ma­drid. Le jeune en­tre­pre­neur de 26 ans a tra­vaillé pour Ashoka, une or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale qui sou­tient les en­tre­pre­neurs so­ciaux. C'est à ce mo­ment-là qu'il s'in­té­resse à la création d'une entreprise sociale en Grèce. « Après quelques re­cherches et dis­cus­sions, il s'est avé­ré que par­lia­ment­watch, la plate-forme en ligne qui per­met aux ci­toyens de poser di­rec­te­ment des ques­tions aux dé­pu­tés, se­rait par­fait pour ce type de pro­jet. » La rai­son est évi­dente, la po­li­tique grecque est dans la tour­mente. Selon l'Eu­ro­ba­ro­mètre de juillet 2013, 80% des ci­toyens grecs ne fai­saient pas confiance à leurs par­tis po­li­tiques. 

Voici l'his­toire d'An­to­nis : 

« Pen­dant mon mas­ter à l'IE Bu­si­ness School à Ma­drid, j'ai pro­fité de mon temps libre pour or­ga­ni­ser mon ins­tal­la­tion en Grèce. Je vou­lais re­tour­ner en Grèce pour es­sayer de par­ti­ciper au com­bat contre la crise qui est avant toute chose une crise cultu­relle. Je pense que la si­tua­tion ac­tuelle est une occasion unique de venir à bout des struc­tures ri­gides qui en­traîne le pays dans la ré­ces­sion. 

À mon avis, les jeunes ont un rôle tout particulier à jouer dans ce contexte. En plus d'être le nouveau précariat de l'Europe à cause de la désastreuse situation du marché du travail, la jeunesse doit remettre en question les valeurs qui sont mises en avant par l'establishment. Cependant, la majorité des jeunes de ma génération ne veut pas endosser ce rôle. Nous pensons qu'il est plus sage de ne pas résister, d'obéir et de suivre le chemin tracé par les autres. 

Il faut dire que la crise a atteint un point tel qu'en Grèce, on ne peut pas nier le fait que nous sommes dans des scénarios apocalyptiques. Je pense que le temps est venu pour ma génération de se faire entendre, ce qui signifie cesser de suivre la vieille génération et nous frayer notre propre chemin. En Grèce, nous avons pour tradition de penser que l'activisme politique ne mène à rien. Nous pensons que le système est trop fort. C'est pourquoi, grâce à vouliwatchVVVVVVVVVVVouliwatch, je veux donner l'espoir qu'un changement est possible et que la politique n'est pas une chose futile. Ce problème n'est pas uniquement limité à la Grèce. Jusqu'à aujourd'hui, de nombreux Grecs pensaient que la seule manière d'agir est le vote aux élections tous les quatre ans en utilisant des contacts personnels ou même en soudoyant des officiels. Les gens doivent se rendre compte qu'il existe une autre voie, au-delà du vote, et que la corruption n'est pas une option. Pour que cela fonctionne, le système politique doit tenir compte de la parole des citoyens dans les affaires publiques. »

Aujourd'hui, nous sommes témoins de l'émergence d'une avancée démocratique dans les pays aux frontières de l'Europe, mais également au coeur du continent, et ce, depuis qu'il est évident que le simple modèle de la démocratie représentative est depuis longtemps démodé. C'est particulièrement clair en ces temps de crise que nous vivons.

Je sais que ce que je suis en train de faire n'a pas encore été testé auparavant en Grèce et que cette idée peut échouer. Mais je pense que cela vaut la peine puisque si on arrête d'essayer, c'est déjà un échec. Avec Vouliwatch, j'ai l'espoir de sortir de cette crise ; se confronter à notre passé et repartir sur de bonnes bases. Les Grecs le méritent. »  coeurcoeur» 

Antonis prépare déjà un nouveau projet à Athènes qui permettra à des jeunes de suivre gratuitement des cours de skateboard. 

Notes au lec­teur : 

Vouli­watch.​gr pro­pose aux ci­toyens grecs de poser pu­bli­que­ment leurs ques­tions aux dé­pu­tés grecs ainsi que d'ac­cé­der à des don­nées par­ta­gées sur la lé­gis­la­tion. 

Selon Ashoka, « les entrepreneurs sociaux sont des individus qui proposent des solutions innovantes aux problèmes sociaux les plus urgents. Ils sont ambitieux et persévérants et s'attaquent à des problèmes sociaux majeurs en proposant de nouvelles idées à grande échelle. » 

« Pourquoi suis-je venu en Grèce en pleine crise? Voici la question à laquelle je dois le plus souvent répondre lorsque je parle de mon projet, Vouliwatch. C'est un long voyage qui est loin d'être terminé.» 

Né en Allemagne, Antonis décide au printemps 2013 de s'installer à Athènes après ses études à Londres et Madrid. Le jeune entrepreneur de 26 ans a travaillé pour Ashoka, une organisation internationale qui soutient les entrepreneurs sociaux. C'est à ce moment-là qu'il s'intéresse à la création d'une entreprise sociale en Grèce. « Après quelques recherches et discussions, il s'est avéréque que parliamentwatch, la plate-forme en ligne qui permet aux citoyens de poser directement leurs questions aux députés, serait parfait pour ce type de projet. »  La raison est évidente, la politique grecque est dans la tourmente. Selon l'Eurobaromètre de juillet 2013, 80% des citoyens grecs ne faisaient pas confiance en leurs partis politiques. 

Voici l'histoire d'Antonis : 

« Pendant mon master à l'IE Business School à Madrid, j'ai profité de mon temps libre pour organiser mon installation en Grèce. Je voulais retourner en Grèce pour essayer de participe au combat contre la crise qui est avant toute chose une crise culturelle. Je pense que la situation actuelle ne se présente qu'une seule fois dans une vie pour casser les structures rigides qui entraînent le pays dans la récession. 

À mon avis, les jeunes ont un rôle tout particulier à jouer dans ce contexte. En plus d'être le nouveau précariat de l'Europe à cause de la désastreuse situation du marché du travail, je pense que c'est le rôle historique de la jeunesse de remettre en question les valeurs qui sont mises en avant par l'establishment. Cependant, la majorité des jeunes de ma génération ne veut pas endosser ce rôle. Nous pensons qu'il est plus sage de ne pas résister, d'obéir et de suivre le chemin tracé par les autres. 

Il faut dire que la crise a atteint un point tel qu'en Grèce, on ne peut pas nier le fait que nous sommes dans des scénarios apocalyptiques. Je pense que le temps est venu pour ma génération de se faire entendre ce qui signifie cesser de suivre la vieille génération et nous frayer notre propre chemin. En Grèce, nous avons pour tradition de penser que l'activisme politique ne mène à rien. Nous pensons que le système est trop fort. C'est pourquoi, grâce à vouliwatchVVVVVVVVVVVouliwatch, je veux donner l'espoir qu'un changement est possible et que la notion de futilité en politique doit être surmontée. Ce problème n'est pas uniquement limité à la Grèce. Jusqu'à aujourd'hui, de nombreux Grecs pensaient que la seule manière d'avoir un impact est en votant aux élections tous les quatre ans en utilisant des contacts personnels ou même en soudoyant des officiels. Les gens doivent se rendre compte qu'il existe une autre voie, au-delà du vote, et que la corruption n'est pas une option. Pour que cela fonctionne, le système politique doit tenir compte de la parole des citoyens dans les affaires publiques. » 

En effet, nous sommes témoins de l'émergence d'une avancée démocratique dans les pays à lax frontière de l'Europe, mais également au coeur du continent, et ce, depuis qu'il est évident que le simple modèle de la démocratie représentative est depuis longtemps démodé. C'est particulièrement évident en ces temps de crise que nous vivons.

Je sais que ce que je suis en train de faire n'a pas encore été testé avant en Grèce et que cette idée peut échouer. Mais je pense que cela vaut la peine d'essayer puisque si on arrête d'essayer, c'est déjà un échec. Avec Vouliwatch, j'ai l'espoir de sortir de cette crise. Se confronter à notre passé et repartir sur de bonnes bases. Les Grecs le méritent. »

Antonis prépare déjà un nouveau projet à Athènes qui permettra à des jeunes de suivre gratuitement des cours de skateboard. 

Notes au lecteur : 

Vouliwatch.gr propose aux citoyens grecs de poser publiquement leurs questions aux députés grecs ainsi que d'accéder à des données partagées sur la législation. 

Selon Ashoka, « les entrepreneurs sociaux sont des individus qui proposent des solutions innovantes aux problèmes sociaux les plus urgents. Ils sont ambitieux et persévérants et s'attaquent à des problèmes sociaux majeurs en proposant de nouvelles idées à grande échelle. »