Andranik Assatourian, grand maître de la musique iranienne, s'est éteint

Article publié le 3 avril 2015
Article publié le 3 avril 2015

 Andranik était considéré le père de la musique pop en Iran et incarnait l’avant-garde de la musique moderne

Le compositeur et grand maître de la musique iranienne, Andranik Assatourian s'est éteint à l’âge de 73 ans à Los-Angles. De confession chrétienne, Andranik faisait la fierté de la musique iranienne et incarnait l’avant-garde de la musique moderne. Considéré le père de la musique pop en Iran, il a déclenché un élan nouveau dans la musique iranienne.

Une multitude de mélodies de ces dernières décennies en Iran sont le fruit de ses efforts et de sa créativité. L’originalité de l’œuvre d’Assatourian réside dans le fait qu’il a réussi la fusion entre les musiques iranienne et occidentale pour un résultat très coloré.

Andranik Assatourian s'était insurgé contre les mollahs et les tyrans qui ont détruit les instruments de musique et décapité l’art, ces intégristes islamistes qui ont exercé la pire répression sur les artistes iraniens. Il a rejoint le Conseil National de la Résistance iranienne en 1997 avec d'autres artistes iraniens.

Il avait commencé à étudier la musique à l’âge de 9 ans. A dix-huit ans, il entra au conservatoire de Téhéran où il suivit de sérieuses études musicales. Il faisait jaillir des notes, les plus belles mélodies pour accompagner les joies et les peines des gens. Car il les aimait et leur devait et leur dédiait chacune de ses avancées en musique. 

Commença alors pour lui une brillante carrière de compositeur, arrangeur, interprète, auteur de plus de trois cents chansons. A partir de 1975, il fut pendant trois ans le chef d’un orchestre à la radio nationale iranienne. 

Son histoire c’est celui de tous les êtres dont la parole, le cœur et les actes ne font qu’un, qui sont eux-mêmes et dont la vie et l’œuvre enrichissent l’humanité. Andranik était la conscience insurgée de l’art et des artistes iraniens.

Le message d’Andranik rappelle celui de l’écrivain Romain Rolland qui disait que « pour persévérer dans l’art, il faut autre chose et plus qu’un génie naturel. Des passions, des douleurs qui remplissent la vie et lui donnent un sens. Sinon l’on ne crée pas ».

Si Ando excellait dans la composition des chansons et de la musique iranienne, il a cependant réalisé sa plus grande œuvre en unissant sa vie et son art à la résistance du peuple iranien. A présent, entre les notes intimes de la vie de ce compositeur, l’histoire entend prononcer le mot liberté, le mot honneur et le mot Iran. A présent la société iranienne a devant elle une conscience aussi belle que riche pour que chaque artiste et chaque personne animé de passion et d’émotion, apprenne de lui et marche dans ses pas".

Comme le poète légendaire iranien Hafez a dit : Jamais ceux dont le cœur vit d’amour ne meurt. Son nom reste inscrit dans le livre de l’histoire du monde, sa présence demeure éternelle.