Amnesty international : la terrifiante réalité des prisonniers politiques en Iran

Article publié le 21 juillet 2016
Article publié le 21 juillet 2016

Le dernier rapport d’Amnesty International intitulé Health taken hostage: Cruel denial of medical care in Iran’s prisons, donne un nouvel éclairage sur le système de santé dans les prisons du pays. On y apprend que l’appareil judiciaire iranien bloque délibérément l’accès à des soins de santé, afin d’intimider, punir ou humilier des prisonniers politiques, ou encore pour obtenir des aveux forcés ou des déclarations de repentir.

« En Iran, la santé d’un prisonnier est régulièrement prise en otage par les autorités, qui font fi des besoins médicaux des personnes en détention. Priver des prisonniers d’opinion de soins médicaux est cruel et absolument indéfendable », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Et d’ajouter, « La possibilité pour les prisonniers d’obtenir des soins de santé est un droit inscrit dans le droit international et iranien. Quand priver un prisonnier de soins médicaux cause de graves souffrances et que cela est fait intentionnellement, dans le but de punir, de menacer ou d’arracher des "aveux", cela constitue un acte de torture.

Amnesty International dévoile 18 cas de prisonniers qui ont été privés de soins médicaux sous une forme ou une autre, et risquent de voir leur santé compromise de manière permanente.

Dans son compte rendu, Amnesty International accable le ministère public iranien chargé de prendre les décisions concernant les permissions de sortie pour raisons de santé et les transferts à l’hôpital. Le parquet refuse bien souvent les demandes de permission pour raisons médicales et les transferts à l’hôpital pour les prisonniers malades, et ce même si les soins dont ils ont besoin ne peuvent leur être prodigués en prison.

Dans la dérangeante réalité du régime des mollahs, les autorités carcérales portent atteinte régulièrement aux droits des détenus à la santé: confiscation des médicaments et recours de manière injustifiée à des menottes et des entraves lors des rares hospitalisations... voila le traitement de choc réservé aux prisonniers politiques.

Les médecins des prisons sont parfois complices de ces violations en minimisant ou ignorant systématiquement les problèmes de santé des prisonniers, les qualifiant de « fruits de leur imagination » et les traitant uniquement avec des antidouleurs ou des tranquillisants.

Face à ces traitements inhumains, de nombreux prisonniers ont décidé d’entreprendre des grèves de la faim pour contraindre les autorités à leur fournir des soins médicaux. Les grèves de la faim suscitent généralement l’indifférence mais dans certains cas, les autorités finissent par accorder une permission de sortie de courte durée aux grévistes de la faim, puis les forcent à interrompre leur traitement en les renvoyant rapidement en prison, contre les avis médicaux.

Amnesty International demande aux autorités de cesser immédiatement de priver les prisonniers des soins de santé dont ils ont besoin, conformément à leurs obligations en vertu du droit international. Enfin l’organisation demande aux autorités d’enquêter sur le ministère public et sur tous les autres représentants de l’État - y compris le personnel médical - susceptibles d’avoir délibérément refusé des soins à des détenus.