Allègre fin 2007 !

Article publié le 18 décembre 2007
Publié par la communauté
Article publié le 18 décembre 2007
Nous disons au revoir à 2007 en vous proposant 2 textes du poète portuguais contemporain Manuel Alegre. Personnalité majeure de la littérature lusophone, Alegre a été protagoniste dernièrement aussi à cause de sa candidature indépendante à la présidence de la République du Portugal.

Le poète portuguais Manuel Alegre (Photo, bmoeiraas/Flickr)Dernière proposition de l'année 2007: 2 poèmes du poète portuguais Manuel Alegre. Nous vous souhaitons toute la poésie et toute la compagnie pour ce passage d'aun rivage à l'autre de 2007 en 2008.

Puisque nous sommes le Ballon de poésie de cafebabel.com, nous ne nous empêchons pas de vous inviter à déguster deux poèmes de son recueil , publié en 1983.

Babilônia

1. Je veux écouter maintenant le grand chant souterraindes trains électriques par dedans les motsla multitude qui descend empressée dans les corridors de l'âmele saxophone lancinant dans la station du MetroNous avons tellement cheminé pour arriver à cepaysage intérieur désoléLettres de fusillés: ils chantaient la MarseillaiseMa génération est née de la guerreet a vu croître le champignon à HiroshimaNous avons tellement vibré avec Bogart à Casablancaaprès on appris à chanter KalinkaC'était le temps des certitudes rondes comme des citrouilleschaque année plus heureuses au KolkhozeNous sommes même entrés à chevalavec le Cheà La HavaneC'était le temps de la fête et de la guérrillala révolution allait être une aventurenous croyions même à l'abolition de la mortC'était le temps où l'Histoire ressemblait un trainqui roulait inévitablement vers la Terre PromiseEt te voici seul dans la charrue des visages sans regardsdépouillés perdus dans le Royaume de MultiplePlus jamais nous n'entreronsavec le Cheà La HavaneLe dieu qui est à Delfos continue sans oracleEn Europe la nuit tombe et seulement celui qui attendverra l'inattendu Ainsi parlaHéraclite 3. Tu peux dire (et c'est vrai) que tu viens de lointu as traversé les mers et les montagnestu as senti l'odeur de la poudre et le sifflement des balleshabillé de tes armes errant dans le désertet parfois perdudans les ruesde BabyloneQuand tu es arrivé au gran rivage il n'y avait plus de batelieret tu n'as pas vu les ombres parlantes se promenant le long du hadesTénebres au devantténèbres au derrièreTu peux dire (et c'est vrai) que tu viens de loinComme le premier homme tu demandes et tu ne sais pasce qui dort semble mortce qui est mort semble endormipas de batelier entre ce rivage et l'autre rivageMème s'il n'ya pas de réponsetu dois maintenir la questionCelui qui connaît les secretsne dévoila pas ce qui était cachéLe destin de l'homme ne fut pas révéléVoici ce qui est nécessaire de graver sur la pierreà Uruk des murs couleur de roseL'équipe du Ballon de poésie vous souhaite une heureuse et intense année 2008, dans l'illusion de vous retrouver à nouveau de l'autre côté du clavier à pianoter au rythme de la poésie européenne contemporaine.

Traduction des poèmes du portuguais: Fernando Navarro