Agissons pour arrêter la montée de l'extrémisme  

Article publié le 3 mai 2016
Article publié le 3 mai 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Ces étudiants ont eu, malgré la brutalité et l'injustice de leur punition, de la chance

Les punitions corporelles sont sans aucun doute un châtiment archaïque, souvent infligées par des régimes totalitaires, et trop souvent pour des crimes qui ne devraient jamais justifier, même de près, ce type de punitions. Les pratiques sont incroyablement douloureuses avec des victimes s'évanouissant souvent de douleur et parfois y succombant, sans compter les blessures et les cicatrices physiques et mentales. Ces violences, qui rappellent la traite des esclaves américains, ont été le mois dernier le sort de 30 étudiants.                                                                                    

Ces étudiants ont eu, malgré la brutalité et l'injustice de leur punition, de la chance. Au cours des seules trois dernières années le régime a réalisé plus de 2400 exécutions. Ce taux surprenant d'exécutions a été suffisant pour donner à l'Iran le titre de meilleur bourreau par habitant dans le monde - et l'Arabie Saoudite et la Syrie sont des concurrents difficiles à battre. Pourtant, ce taux ne devrait pas être une surprise pour ceux qui suivent les nouvelles en Iran, le soi-disant «réformiste» et actuel Président du pays, Hassan Rouhani, a décrit en 2014 les exécutions publiques comme des «commandements de Dieu» et «lois du parlement qui appartient au peuple ".

Pourtant, ce taux vraiment incroyable d'exécutions, qui cible de façon disproportionnée l'opposition et les minorités ethniques, et qui comprend les châtiments barbares infligés à ses propres citoyens, a suscité guère plus qu'un haussement d'épaules de la part de Washington, et aucune action. Ce type de "préoccupations" est bon pour des gains politiques à court terme, mais les habitants de l'Iran, du Moyen-Orient et du monde entier en  paieront un prix élevé le temps venu.

Nos livres d'histoire en sont plein d'exemples. La décision facile de ne pas intervenir au Rwanda après les images sanglantes en Somalie a permis le génocide, la décision de ne pas agir de manière décisive sur la Corée du Nord a laissé se développer une menace nucléaire croissante, et la décision d'ignorer la Syrie a conduit a des atrocités dans tous les camps. Nous ne devons donc pas ignorer l'Iran.

L'idéologie du régime iranien, combiné avec leur approche continue du nucléaire, leur goût sans relâche de l'agitation et la promotion du terrorisme dans la région, ainsi que les abus domestiques en feraient un cas particulièrement inquiétant en cas d'inaction.                                                     

Quelle sera la suite?                                                          

Nous savons qu'il ne faut pas faire en Iran ce qui a été fait en Irak. Une approche militariste simple avec un objectif pyramidal d'imposer la démocratie de l'extérieur, combinée à une longue occupation militaire, est une mauvaise idée. Heureusement, il existe de nombreuses possibilités d'implication, qui tous impliquent l'autonomisation du peuple iranien et l'adoption par le peuple d'un système démocratique qu'ils appellent déjà de leurs vœux.                                                 

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) est la plus grande opposition (organisée) au gouvernement actuel de l'Iran. Il est dirigé par une femme, Maryam Rajavi, qui épouse l'idée d'un Iran démocratique qui favorise un islam modéré, des relations avec l'Occident, une politique régionale pacifique et une respect des normes internationales. Des solutions concrètes pour que la communauté internationale puisse aider le peuple iranien à atteindre cet objectif ont été préconisées, des solutions qui comprennent des sanctions économiques accrues, une reconnaissance des droits de l'homme ainsi qu'une approche en termes de nucléaire qui soit  bien plus adaptée à un Iran qui a maintes fois trompé la communauté internationale.

L'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MeK), le principal mouvement de résistance iranien, est au cœur du CNRI. En fait, ce sont les militants MEK qui ont révélé les sites nucléaires clandestins du régime iranien, alarmant le monde de la menace du programme secret de l'Iran.

Le 9 Juillet, les Iraniens vont organiser un événement international important pour faire entendre la voix de la démocratie en Iran. La conférence de l'an dernier à Paris avait été suivie par plus de 100.000 personnes. L'événement, intitulé «Iran libre», sera suivi par des centaines de dignitaires internationaux, y compris par des dignitaires américains. Comme les États-Unis se dirigent vers le choix d'un nouveau président, l'articulation d'une politique responsable concernant l'Iran sera un défi de taille pour celui qui occupera la Maison Blanche l'année prochaine.                                            

C'est à nous de lutter pour les droits de ceux qui ne disposent pas d'une voix dans le monde entier et c'est peut-être en Iran que l'effet peut être le plus positif. Pour ne pas parler de soutenir l'islam modéré contre la marée montante de l'extrémisme synonyme d'enfer.